mercredi 22 juin 2011

La Mauricie et son parc national

Ce week-end, comme il y a plu, je me suis rendu compte que l’essuie-glace côté chauffeur était mort sur quinze centimètres à hauteur des yeux. Je passe donc par un dépôt Hertz pour faire changer le balai. Le préposé n’en ayant pas de rechange, il m’a tout simplement changé de..…. voiture. Quand je rentrerai j’essaierai de faire la même chose avec mon garagiste, çà marchera peut-être…. Je prends donc la route en direction du nord. Je galère beaucoup à trouver la bonne direction : d’une part, il n’y a pas vraiment de cartes routières ou elles ne sont que partielles, d’autre part, je voulais prendre Le Chemin du Roy qui est la première route carrossable créée pour joindre Québec à Montréal car elle est paraît-il très jolie, malheureusement, elle n’est pas indiquée avant la sortie de Montréal. Pendant toute la traversée de la ville, elle s’appelle : « route Notre-Dame ». Enfin, il n’y a que très peu de panneaux; ceux-ci n’indiquent d’ailleurs que les numéros de route en précisant Nord, Sud, Est et Ouest…. Ce n’est pas évident de se repérer dans ces conditions. Comme la ville n’en finit pas et que j’ai des doutes, je demande souvent mon chemin. On me confirme à chaque fois ma route. Lors d’un moment de doute, je m’arrête dans une station de carburant pour acheter une carte et faire le point de situation. Aucun des canadiens présents n’est capable de me dire où nous sommes. L’un d’eux nous situe au sud du St Laurent alors que nous sommes au nord, un autre deux cents kilomètres plus loin. Enfin, l’un d’eux va chercher son GPS, mais n’est pas capable de reporter sur la carte notre position. C’est finalement moi qui leur indique où nous sommes….
De 95Mauricie
Le ciel est très nuageux et il y a parfois quelques pluies. Je roule ainsi jusqu’à Trois Rivières. La route est très large, belle et tout en longueur. Les villages s’étalent sur plusieurs kilomètres, il n’y a pas de centre comme en France. Les maisons assez éloignées les unes des autres bordent la route pratiquement en continu. La plus part sont de style Far West et certaines semblent sorties de bandes dessinées. A Maskinongé, je fais un détour conseillé pour aller voir un « magasin général », genre de bazar où autrefois les pionniers s’approvisionnaient pour tous leurs besoins : épicerie, quincaillerie, vêtements, munitions, etc… Ce magasin a fonctionné jusque dans les années 1970. Maintenant, c’est devenu un musée, il a ses meubles d’origine et les rayons sont remplis d’articles divers du siècle dernier : phonographes à pavillons, outils, vêtements, jouets, etc…. pour donner le change, les tenanciers y vendent quelques produits locaux, des jouets anciens dont ils ont retrouvé des fabricants, de la confiserie, des souvenirs….Cela vaut le détour d’autant que les hôtes sont très accueillants et bavards avec un accent canadien très prononcé. Ils ont aménagé au premier étage, dans ce qui était les greniers, une salle de réception/spectacle où ils organisent des soirées avec conteurs, chansonniers ou musiciens. Cette salle est décorée avec des articles d’époque et des journaux du siècle dernier. Il y a par ailleurs un orgue avec un mécanisme automatique à bande, comme les orgues de barbarie. Il actionne des doigts qui viennent jouer sur le clavier de l’orgue. Instrument très surprenant qui fonctionne à air comprimé produit par le musicien qui doit pédaler en rythme, comme pour les anciens harmoniums. Cette visite est vraiment intéressante. Je continue ainsi jusqu’à Trois Rivières où je prends une chambre dans un motel.
De 95Mauricie
Le lendemain matin, le ciel est bien bleu, le soleil chaleureux. J’avise une pancarte : Sanctuaire Notre Dame du Cap ??? Par curiosité, je m’y rends et découvre un sanctuaire récent. A la fin du 19° siècle, la chapelle recevant les fidèles étant trop petite, le curé de la paroisse fait le vœu de construire une église dédiée à Notre Dame plus spacieuse si un pont de glace sur le fleuve permet d’y amener les matériaux. Quelques jours après, bien que ce soit la fin de l’hiver, un pont de glace suffisamment solide s’est formé. Tous les matériaux ont pu être amenés et le pont a tenu jusqu’au dernier charroi. Quelques années plus tard, lors d’un office, la statue de la vierge qui a les yeux clos les a ouverts. Les prêtres présents ont pu le constater et témoigner du miracle. Une nouvelle basilique de forme Pyramidale a par la suite était construite en remplacement de l’église paroissiale. C’est devenu un haut lieu de pèlerinage. Un très beau parc paisible entoure le sanctuaire et borde le St Laurent. Il fait bon s’y promener. Dans ce parc, plusieurs chemins de croix et stations représentant les mystères du rosaire bordent les allées. Un pont commémorant le miracle du pont de glace a été construit. Quand je m’apprête à partir une messe est annoncée, elle a lieu dans la chapelle d’origine. J’en profite et je ne le regrette pas car elle est très belle et priante.
De 95Mauricie
Je me rends ensuite au musée québécois de culture populaire. Il y a plusieurs expositions dont l’une sur le crime et l’évolution des techniques d’investigation au Québec au XX° siècle, et une autre d’un sculpteur humoriste. Ses sculptures tournent sur les jeux de mots autour du livre. C’est plein d’humour. Cette visite comprend la visite de l’ancienne prison fédérale de Trois Rivières. Un loubard, ancien détenu servant de guide, interpelle tous les visiteurs et nous entraîne dans la visite. Il s’amuse à nous mettre dans l’ambiance, fait claquer les grilles et les verrous, prends parfois quelques touristes comme des prisonniers, leur donne un paquetage et les enferme. Il raconte bien l’ambiance qui régnait dans cette prison qui a fonctionné jusque dans les années 1980. Par contre, il faut que je sois très attentif car il parle avec un accent canadien très prononcé et des expressions typiques du coin. C’est très difficile de le comprendre mais assez réaliste. Je reprends ensuite la route en direction du parc de la Mauricie où j’arrive sur les coups de 18h. Après un enregistrement pour le camping, quelques courses dans une boutique du Dépanneur, une visite de la salle de présentation du parc, je rejoins un emplacement en pleine forêt. Les emplacements sont très espacés les uns des autres, au moins 50m entre chaque. Je plante vite ma tente et file vers un affût au bord du lac du Fou en espérant apercevoir un orignal ou un castor. Manque de chance, je ne vois rien que deux canards. Une française et ses deux enfants, Dominique, Aurélie et Ludovic, m’ont rejoint et comme moi n’ont rien vu. On décide d’y revenir pour le lever du soleil comme nous l’a conseillé l’hôtesse de l’accueil. On rentre donc se coucher.
De 95Mauricie
A 4h du matin, je les réveille et les emmène avec ma voiture, eux laissant leur camping-car sur l’emplacement. Nous assistons au lever du soleil sur le lac, c’est très beau et paisible, mais comme la veille, nous ne voyons qu’un canard. Nous n’avons pas de chance. Par contre, nous sommes dévorés par les moustiques ou autres insectes malgré l’anti-moustique très efficace (paraît-il ?!) avec lequel nous nous sommes aspergés. Il existe plusieurs insectes agressifs dans les forêts canadienne : des toute petites mouches si petites qu’elles passent à travers les moustiquaires et font des piqures laissant un point rouge, les maringuoins (moustiques) très nombreux et coriaces, l’anti-moustique français ne leur fait rien, quant à celui des canadiens, il doit être très dosé. Il y a encore le … sorte de grosse mouche qui en piquant arrache carrément un morceau de peau. Nous rentrons au campement et déjeunons ensemble. Je passe ensuite la journée à aller d’un poste d’observation à un autre en suivant quelques chemins de randonnée. Je découvre des coins de forêt sympathiques, mis à part les moustiques, mais je ne vois que deux renards, deux canards et un long pic (picvert), des traces de castor et d’orignal, mais pas leurs auteurs. Dans le guide, ils conseillent une visite où on a 95% de chance de voir des ours noirs. Avec Dominique et ses enfants, nous décidons de nous y rendre. C’est un homme, fils d’un ancien garde forestier qui a mis en place une cache et des appâts permettant de montrer ces ours aux clients ; Il nous emmène donc à peu de distance du village dans un affût et dix minutes après notre arrivée, une belle ours noire est arrivée, elle a fouillé quelques caches pour trouver les œufs. Nous avons pu l’admirer pendant un quart d’heure environ. Eric, le guide nous a donné beaucoup d’informations intéressantes sur le mode de vie des ours. Il a participé à plusieurs études et observations, ce qui fait qu’il les connait bien. Nous rentrons ensuite nous coucher. Comme j’ai mal dormi la nuit précédente, c’était la première fois que je redormais sous la tente depuis de nombreuses années, je décide de n’aller à l’affût le lendemain matin que si j’ai bien dormi.
De 95Mauricie
Je dors si bien, que je n’entends même pas ma montre sonner. Quand je me lève, je replie mon matériel, déjeune et reprends la route. Comme Dominique et ses enfants dorment encore, je leur laisse un petit mot. En passant par Grandes Piles, j’avise le « Village de bucherons ».. C’est un parc où est reconstitué le campement des bucherons et des draveurs. Je m’arrête et visite. C’est très intéressant, d’autant que la visite se fait avec un audio-guide d’ambiance où deux bucherons et draveurs racontent la vie de l’époque. Leur vie était extrêmement rude et dangereuse, surtout celle des draveurs. Ce sont les hommes qui conduisaient les arbres par flottaison jusque dans les scieries ou usines de pâte à papier. Ils suivaient la descente des arbres en étant soit sur les berges, soit sur les troncs flottants. Avec leur gaffe ou la dynamite, ils les guidaient ou réduisaient les embacles qui se produisaient. Je reprends ensuite la route, rattrape et double le camping-car de Dominique. Je m’arrête au parc des chutes à La Tuque. Il y a là la reproduction d’un poste de traite des fourrures, comme il y en avait un à cet endroit autrefois. Quand je reprends la route, je repère de nouveau le camping-car de Dominique : il est repérable avec les peintures et inscriptions qu’il y a dessus. Ils se sont arrêtés pour déjeuner. Je m’arrête un moment bavarder avec eux puis nous reprenons la route. Dominique m’a parlé d’un village Innusit au lac Edouard que l’on peut visiter et on peut même dormir sous tipi. Après le lac Edouard, on suit un chemin de forêt sur 10 km pour arriver sur un parking au bord d’un lac. On n’avait pas réservé par téléphone car on n’arrivait pas à contacter l’accueil, mais en arrivant au bord du lac, on comprend pourquoi il fallait absolument téléphoner : c’est pour qu’une barque vienne nous chercher. On laisse le camping-car avec les enfants (ils sont grands) et avec Dominique nous retournons au village où nous arrivons à joindre l’accueil du camp pour apprendre que ce ne sera ouvert que dans trois jours…. On retourne récupérer le camping-car et nous reprenons la route. Je pense dormir soit au camping, soit dans les gîtes de Val Jalbert. En arrivant à Val Jalbert, il tombe des trombes d’eau, j’opte pour le gîte, mais quand l’hôtesse m’annonce le prix du forfait entrée-repas-gîte : 222 $ (c’est le double du prix annoncé sur le guide !), je décide d’aller dans un gîte à Roberval. Dans le Lonely Planet, j’en ai repéré un à prix raisonnable. Je m’y rends et arrive devant une maison à côté de l’église. C’est un ancien presbytère. Je tape à la porte de la cuisine et l’hôte, Francis, m’accueille et accepte de me donner une chambre. Il me fait un prix réduit car c’est la seule chambre disponible, elle vient tout juste d’être refaite et elle sent encore la peinture. Il vient de racheter le gîte, a ouvert un restaurant et refait peu à peu les chambres. Sur les cinq il y en a trois de faites mais deux sont déjà occupées par deux stagiaires. Quand je lui demande si je peux manger, il me répond que non car ce n’est que sur réservation, que le repas est terminé et qu’il ne reste rien. Je vais donc dans le seul restaurant que je trouve, c’est un petit restaurant bio végétarien. L’hôtesse, une jolie jeune fille m’accueille très gentiment et accepte de me ressortir les préparations qu’elle avait déjà rangées. Il faut dire qu’il est vingt et une heure et qu’ici, les gens mangent tôt. A cette heure-là, il n’y a plus personne. Je mange et rentre me coucher. Le lit est bon et j’apprécie.

samedi 18 juin 2011

Montréal

Le voyage en avion d’Orly à Montréal s’est bien passé, mais comme j’étais fatigué par mon retour de Pointe à Pitre, j’ai passé mon temps à somnoler ou dormir. Finalement, je n’ai presque rien vu des 7h30 de voyage. Quand j’ouvrais les yeux, bien que l’heure aie tourné, le soleil était presque toujours au même point.
Arrivé à Montréal, je commence par m’enquérir de la voiture réservée par internet. J’avais réservé une voiture au premier prix. C’est une Hyundai et je pensais avoir une petite voiture type Getz, mais en fait, c’est une Accent. C’est une routière et cela me convient. La préposée à l’accueil chez Hertz trouve que c’est trop petit et essaye de m’en placer une autre plus grosse, mais cela fait un peu plus de 200 euros de plus pour le mois. Je n’en vois pas l’intérêt et garde la mienne. J’achète ensuite une carte Sim rechargeable pour mes communications locales. J’en trouve une, mais j’ai un peu de mal à la mettre en route. Je découvre qu’il faut l’activer par un appel téléphonique, mais les messages étant en anglais…. avec mon « super » anglais, j’ai un peu de mal à comprendre les indications. Heureusement, les canadiens sont très accueillants et serviables. Me voyant me débattre avec le téléphone, un commercial d’une agence de voyage me propose spontanément son aide. Merci car je ne comprenais pas la consigne. Ceci étant réglé, je me mets en quête d’une chambre. On m’a averti que le Grand Prix de Formule 1 ayant lieu ce week-end, les hébergements sont pris d’assaut et les prix flambent. Finalement, après trois appels, je trouve une chambre à l’Université. Merci au Lonely Planet qui est de bon conseil. Le chemin vers l’Hôtel est un peu difficile car les indications routières sont très mal faites et je dois plusieurs fois demander mon chemin. J’arrive quand même à destination. Après m’être installé dans la chambre, un saut dans un petit snack à quelques distances de là (environ 2km) me permet de casser la croute. Je reviens ensuite et me couche avec soulagement à minuit, fatigué.
Après une bonne nuit de repos et un bon petit déjeuner, je commence par m’organiser. Je pars ensuite prendre le métro. C’est plus facile pour circuler en ville bien qu’il n’y ait pas beaucoup de lignes. Je commence par aller à l’office du tourisme où je passe près d’une heure à discuter avec un préposé très sympathique et connaissant bien son affaire. Il me donne une pile de petits fascicules contenant toutes les informations nécessaires à mon périple. Il m’invite ensuite à aller voir la préposée aux parcs nationaux qui elle aussi me donne beaucoup de documents et de conseils. Maintenant, il va falloir que je feuillette cela et prépare mon périple dans le détail. Les grandes lignes étant faites.
De 94Montréal
Aujourd’hui, je commence par visiter le centre ville. Près de l’office du tourisme, il y a la cathédrale Marie Reine du Monde construite au XIX siècle par un Evêque un peu mégalo. Il voulait une copie de St Pierre de Rome en taille réduite. Il y a donc beaucoup de similitudes. C’est une belle basilique, mais je la trouve un peu froide. En parcourant les rues en direction de la vieille ville, je passe par la place Ville Marie. C’est le point central de tout un réseau souterrain de la ville. Montréal a une vie en surface et une vie souterraine. La ville a construit sous terre une vraie ville avec plus de cinquante kilomètres de rues piétonnes, avec places, boutiques, boutiques, etc… C’est gigantesque et grandiose, c’est un véritable labyrinthe. Certaines rues, très huppées, ont même de la moquette au sol. La cathédrale anglicane Christ Church qui devait être rasée a été sauvegardée, mais pour pouvoir construire tout le réseau souterrain sous la cathédrale, ils ont mis la cathédrale sur pilotis durant plusieurs mois, durant toute la durée les travaux. On voit encore certains piliers dans les galeries souterraines. En surface, les bâtiments sont modernes et n’ont pas de cachet particulier. C’est très américain, ils sont hauts et souvent très vitrés. Au passage, sur une petite place dominée par de hauts bâtiments, je découvre la basilique St Patrick. Bien que cet édifice ne date que du XVIII°, il est de style gothique du XIV°, XV° siècle. La particularité de cette basilique est qu’elle est tout en bois à l’intérieur, c’est magnifique et chaleureux. Les escaliers de la tribune et de la chaire sont remarquables.
De 94Montréal
J’arrive enfin à la basilique catholique Notre Dame que l’office du tourisme m’a vivement conseillé de visiter. Extérieurement, elle n’a pas de cachet particulier, son style est très sobre et dépouillé, voire austère. Cela est dû au fait que l’architecte qui a construit l’édifice est un protestant qui s’est ensuite converti au catholicisme. Quand on entre dans la basilique, on reçoit comme un choc, on est surpris par son agencement intérieur très riche et somptueux. La décoration intérieure a été largement inspirée par la Sainte Chapelle. Tout est beau. Bien que la décoration foisonne, on n’a pas le sentiment que c’est chargé comme les églises espagnoles. C’est fin, léger, aérien. C’est somptueux. Des guides bénévoles sont là pour nous faire découvrir les subtilités des ornements. J’ai la chance d’être le seul français lors de la visite qui débute. J’ai donc droit à un cours particulier. Ce commentaire n’est pas superflu car il y a tant à voir et à comprendre que l’on pourrait passer à côté de beaucoup de choses. Je passe plus de deux heures à faire le tour de la basilique. En sortant, je rejoins le vieux Montréal et arpente les rues St Paul et les quais. Dans toute la ville on entend le vrombissement des voitures de courses, mais surtout sur les quais car le grand prix se passe dans l’île Ste Hélène. Dans la vieille ville, il y a quelques vieilles bâtisses, mais elles ne sont pas nombreuses. Je suis un peu déçu par le vieux Montréal, l’office du tourisme me l’avait chaleureusement recommandé, mais il n’y a rien de comparable avec nos vieilles villes européennes. Je visite l’Eglise de Notre Dame du Bon Secours qui est une des plus vieilles églises de la ville. Je rentre à l’Université et me couche après avoir dîné dans un snack dans une rue souterraine.
De 94Montréal Biodôme et Jardin Botanique
Le lendemain samedi, je me rends à la cité olympique. Je commence par visiter le Biodôme. C’est un grand bâtiment ovale qui abrite des collections d’animaux et de plantes de toutes les parties du globe. Plusieurs micros climats reproduisent les conditions climatiques réelles avec leurs variations saisonnières afin de respecter les cycles biologiques normaux. Dans le secteur tropical, je me serais cru à la Guadeloupe. On passe d’une région à l’autre par l’intermédiaire de sas. Dans chacun de ces secteurs, on y trouve des échantillons d’animaux vivants qui évoluent au milieu de plantes et de décors très réalistes. Pour cause de travaux, je n’ai pas pu voir le secteur polaire. En sortant du biodôme, un téléphérique incliné me conduit au sommet de la tour qui domine le stade couvert. Cette tour est penchée à près de 45°. La vue très belle sur une bonne partie de Montréal. On peut se rendre compte de l’étendue de la ville car on n’en voit pas les limites. Mes pas me conduisent ensuite au jardin botanique qui jouxte le secteur. C’est un immense parc où toutes les régions du globe sont représentées. Quand les plantes peuvent s’acclimater à l’extérieur, elles sont mises dans un décor la mettant en condition. Si elles ne peuvent pas s’acclimater à l’extérieur, elles sont présentées en serre d’exposition. Le parc est divisé en plusieurs secteurs thématiques. Les sites remarquables de ce parc sont en particulier les jardins japonais et chinois qui comprennent des arbres, temples, étangs et une multitude de plantes et de fleurs. Ils ont des collections de bonzaïs superbes dont un de plus de 270 ans ! Les serres d’exposition sont aussi magnifiques et partagées par type de climat. Cela va du climat tropical chaud et humide au climat tempéré de France en passant par le climat désertique chaud et sec. J’ai passé vraiment quelques heures d’émerveillement sur la beauté de la création et sur les prouesses du parc pour produire et entretenir de si beaux spécimens.
De 94Montréal Biodôme et Jardin Botanique
Au jardin japonais, il y avait aussi une exposition splendide sur les origamis. C’est surprenant ce que les japonais peuvent faire avec les différentes sortes de papiers qu’ils produisent. Il y avait même une robe de mariée en papier. Au jardin chinois, un artiste faisait des figurines, des jouets et des bijoux en pâte de farine. Là aussi, il y avait des œuvres d’une grande finesse. Les animaux sont tellement en paix dans se parc qu’ils ne sont pas farouche. Un oiseau est venu se poser à mes pieds, tourner autour de moi comme pour me quémander du pain. Un écureuil est descendu de son arbre pour grignoter quelque chose à deux mètres de moi.
De retour au centre ville, un tour au musée Mc Cord m’a permis de voir quelques pièces intéressantes sur l’histoire du Canada. La cathédrale Anglicane Christ Church mérite le détour pour sa charpente et surtout par le fait qu’elle repose sur quelques piliers. Des photos montrent sa position lors des travaux de la galerie souterraine. J’ai fini la journée en faisant une promenade au parc du mont Royal et son belvédère, puis dans le quartier près de l’Oratoire St Joseph. C’est le quartier huppé de Montréal. Il y a de superbes maisons, de véritables petits châteaux. La plus petite « chaumière », car il y en a, doit coûter une fortune. Mais je ne me fais pas de soucis pour leur propriétaire à voir les quelques petites voitures garées devant : porsches, gros 4x4, etc….
De 94Montréal
Le dimanche matin, je me rends à la basilique Notre-Dame pour une messe solennelle avec grandes orgues et chorale. Dans ce cadre somptueux, c’est magnifique et incite à la prière. A la fin de la messe, je profite des illuminations pour prendre quelques photos supplémentaires. Je me rends ensuite sur les quais au musée Pointe à Callière qui retrace toute l’histoire de Montréal avec la mise en valeur des vestiges trouvés lors de fouilles sous le bâtiment. Visite qui s’avère très intéressante. J’avais entendu parler de l’oratoire Saint Joseph qui a été construit dans la première moitié du XX° siècle sur l’incitation de l’humble frère portier d’un collège voisin. Le frère André a été canonisé par Jean-Paul II. Cet oratoire est construit sur le mont Royal et domine majestueusement la ville. De style Renaissance italienne extérieurement, il est simple, épuré et contemporain à l’intérieur, mais sans être froid. J’ai été impressionné par l’ambiance qui règne dans cet édifice consacré à St Joseph. A flanc de colline, il comprend plusieurs niveaux reliés par des escaliers mécaniques. Sa coupole est aussi importante que celle de St Pierre de Rome et l’ensemble est plus haut que toutes les plus hautes cathédrales du monde. Des pèlerins du monde entier défilent dans la grande nef, dans la crypte, dans le sanctuaire, devant le tombeau de St André et dans le musée. Il y règne une paix et une sérénité incitant au recueillement. Un bel orage arrose la ville pendant que je suis à l’intérieur et un beau soleil du soir illumine le sanctuaire au moment de partir. Sur le chemin de l'hôtel, je fais un arrêt dans un restaurant chinois pour dîner. Demain, je quitte Montréal.

samedi 11 juin 2011

Derniers jours en Caraïbes.

La journée de dimanche s’est terminée sous la pluie. Peu avant la fin des journées portes ouvertes du régiment de Vincent, au moment où la plupart des participants se sont réunis sur la grande pelouse devant le PC, une averse diluvienne s’est abattue sur Pointe à Pitre et a stagnée un moment au-dessus de nous. Tout le monde s’est réfugié sous les tentes, blaguant et patientant. Au bout d’un moment, cela s’est calmé et nous avons pu reprendre nos activités.
De 92Guadeloupe2
Lundi, le ciel est chargé, les nuages couvrent la montagne. Je pars vers le sud en direction de Trois-Rivières, je voudrais voir les fameuses pierres gravées par les premiers habitants de l’île. C’est un temps idéal pour le faire, la pluie fait ressortir les reliefs des sculptures. Malheureusement, c’est fermé le lundi, pas de chance. Je continue sur Basse-Terre où je visite le fort Delgrès. C’est un fort du XVIII construit par les Français, modifié par les Anglais et qui a été le lieu de batailles, en particulier de celle des réfractaires à la réinstauration de l’esclavage. En effet, l’esclavage a été aboli lors de la Révolution, Puis sous la poussée des riches planteurs, Napoléon a réinstauré l’esclavage et a envoyé des troupes pour réprimer la révolte des anciens esclaves affranchis. Le général Delgrès, noir affranchi s’est battu pour finalement se suicider avec ses troupes quand il a senti la partie perdue. C’est un héro local. Il n’y a pas grand-chose à voir dans le fort, mais il y a un côté historique intéressant.
De 92Guadeloupe2
A Vieux-Habitants, je prends une petite route qui s’enfonce dans la montagne en direction de la Grivelière. La route est très étroite, sinueuse et au profil très chahuté. Il faut rouler en seconde, parfois en troisième et parfois en première car certaines côtes sont très pentues. De plus, il faut arriver doucement au sommet de celles-ci car on ne voit pas où part la route derrière le dos d’âne : tout droit, à droite, à gauche ?... Le vallon est magnifique, très encaissé, verdoyant, fleuri, avec de place en place, des maisons coloniales qui dominent le paysage. La Grivelière est une ancienne plantation de café rachetée par le Conseil Général et transformée en musée. L’habitation des maîtres a été entièrement restaurée ainsi que le moulin à eau, les séchoirs à café, les machines de décorticage : la déceriseuse, et les pilons. Les cases d’habitation des esclaves noirs sont en cours de restauration, mais on en a un petit aperçu grâce à un bâtiment qui sert de dépendance. Au cours d’une promenade dans la plantation et au milieu des installations, la guide nous fait découvrir tout le processus de culture et traitement du café ainsi que celui du chocolat. Ils font à la Grivelière un café très parfumé et subtile mais en si petite quantité qu’il ne sert qu’aux dégustations et la vente sur place. J vais ensuite visiter le musée du café qui se trouve à Vieux-Habitants. Cela complète bien la visite précédente car elle apporte le côté historique sur le café. Je rentre par la Traversée, le ciel est de plus en plus sombre.
De 93plongée PPK
Mardi matin, Cécile et moi prenons la route pour le club de plongée, Cécile poursuit sa formation, moi je fais une septième plongée offerte par le club. Le ciel est plutôt gris, il y a un peu de houle, mais cela va quand même. Nous avons de la chance, nous replongeons sur l’épave. Cela me permet d’en profiter de nouveau. Nous n’avons pas la chance de voir la murène, mais nous voyons un splendide Diodon. Après la remontée, Isabelle allume son ordinateur et très gentiment me passe les photos de la plongée précédente sur l’épave. Nous rajoutons la photo du groupe du jour ainsi que celle du diodon. Cécile repars directement sur Baie-Mahaud, moi je poursuis par Ste Rose où je visite le musée du rhum qui est très intéressant surtout pour sa superbe collection d’insectes et une belle collection de maquettes de navires à voiles d’antan.
Le lendemain mercredi, c’est mon jour de départ. Le matin, je vais faire quelques emplettes, puis je fais mes bagages et vais à l’aéroport enregistrer mes bagages. Il fait tellement chaud que je dégouline tout de suite de sueur. A 15h, Vincent, Maud et Cécile m’accompagnent à l’aéroport. En attendant l’heure d’embarquement nous buvons un café et Maud repère Richard, le moniteur de plongée du club qui part en vacances en France. Nous l’interpellons et passons un moment ensemble.
A l’heure dite, je rejoins le contrôle et passe à l’embarquement. Le voyage se passe bien, ayant décollé à 16h25 heure de Pointe-à-Pitre et atterrissant à 6h30 Heure d’Orly (0h30 PàP), la nuit est plutôt courte. J’ai bien somnolé un moment, mais la journée est un peu dure. A l’arrivée, on nous demande de patienter : il y a des grèves ! Heureusement nous n’attendons qu’une dizaine de minutes la passerelle. Quant aux bagages, alors qu’ils annonçaient là aussi du retard, ils arrivent à l’heure. Je prends l’Orlyval, métro puis train pour rejoindre Les Clayes où Clothilde vient me cueillir à la gare avec Farouk, son chien. Après une découverte mutuelle, Farouk m’adopte et me colle pour me réclamer des caresses. Je profite de l’appartement de Clothilde pour me raser et prendre une bonne douche. Après la chaleur de la Guadeloupe et le voyage, cela me fait beaucoup de bien. Je laisse chez Clothilde les souvenirs rapportés de Guadeloupe, je récupère quelques affaires préparées pour le Canada et Clo me ramène sur Antony où je reprends l’Orlyval.
Mon séjour en Guadeloupe s’est très bien passé et j’ai eu beaucoup de plaisir à partager la vie de Vincent, Maud, Cécile et les filles. Cela m’a permis de mieux les connaître. Je garde un excellent souvenir de ces moments. La Guadeloupe est très belle, il y a beaucoup de chose à voir et à faire, visites, randonnées et … plongée, bien sûr. Mais le pays gagnerait beaucoup si les habitants avaient à cœur d’entretenir, rénover, nettoyer. Quand c’est fait, c’est splendide. Malheureusement, il y a trop de laisser aller. Aux Saintes, il n’y a pas ce phénomène et cela donne un cadre très mignon et accueillant.

samedi 4 juin 2011

Plongée en mer Caraïbes

De 92Guadeloupe2
Jeudi, tout le monde étant en repos, nous partons tous pour le club de plongée sur la plage de Malendure. Margaux et Sarah restent au club à dessiner sous la surveillance de Clélia pendant que Maud, Vincent, Cécile et moi nous embarquons dans le bateau. Ce matin Maud et Vincent plongent ensemble, Cécile et moi descendons à 12m pour apprendre à faire l'échange d'embout en cas de panne d'air. Tout se passe bien. Quant à la stabilisation, je progresse et commence à mieux sentir et maîtriser. Après 15 minutes d'exercices nous partons en exploration. Le coin est encore magnifique, les poissons multicolores, les coraux divers et les éponges nous émerveillent. Aujourdhui, j'ai mis une combinaison, ce n'est pas que l'eau soit froide, elle est à plus de 30°, mais hier j'ai touché un corail de feu qui comme son nom l'indique brûle et j'ai été piqué par une petite méduse filament. Les démangeaisons qui suivent ne sont pas très agréables. Au cours de la promenade nous croisons Maud et Vincent.
Nous rentrons souffler au club à l'issue de la sortie et pendant le regonflage des bouteilles. Nous mangeons un sandwich tout en feuilletant un livre de photos sous-marines réalisées par Isabelle et Marco qui plongent avec nous aujourd'hui. Ils sont passionnés de photos sous-marines et plongent un peu partout dans le monde. Leurs photos sont splendides et c'est un régal.
A 12h30 Cécile et moi nous repartons avec le bateau alors que Vincent et Maud emmènent les filles se baigner. Cette fois nous descendons dans le "Jardin de Corail et allons saluer le buste de Cousteau immergé à 12m. après quelques exercices nous allons en exploration et descendons à 16m. C'est toujours aussi beau et nous avons même la chance de voir une tortue verte nager et remonter à la surface. Après cette plongée, nous rejoignons Vincent et Maud et rentrons sur Baie-Mahaud. Nous sommes un peu fatigués et une petite sieste est la bienvenue. Au moment d'aller me coucher, je ferme fenêtre et volets et je vois sauter quelque chose dans la chambre. Je cherche ce que c'est, c'est une petite grenouille brune, toute mignonne. on les entendant siffler dans la nuit. Je la capture difficilement car elle est très vive et je la mets dehors.
Le lendemain vendredi tout le monde ayant repris le chemin des activités normales, je retourne au club de plongée. A 10H nous sommes trois novices en préparation de niveau 1, un confirmé et une jeune fille qui vient pour son baptême de plongée. Nous retournons au "Jardin de Corail" et après quelques exercices nous partons en exploration à 16m durant 46mn. On ne voit pas le temps passer. C'est si bon de se sentir flotter et planer au-dessus des paysages sous-marins. A la remontée sur le bateau on se sent terriblement lourd avec l'équipement. Richard le moniteur valide mon niveau 1.
A la plongée de 12h30, nous sommes cinq plus Richard et nous descendons sur une épave à 23m de fond. C'est un sablier de 53m de long. On commence par en faire le tour puis nous entrons dans le chateau arrière par l'escalier et descendons dans la salle des machines. C'est amusant de descendre des escaliers la tête en bas... après un tour à l'intérieur nous tournons autour du chateau arrière et apercevons la murène verte qui a élu domicile dans cette épave. Elle est blottie sous un gros caisson et nous n'en voyons que la tête, grosse et impressionnante. Marco et Isabelle étant de la plongée, ils font plusieurs photos et en profitent pour me prendre. Ils me les transmetront, cela me fera un beau souvenir. Cette dernière plongée est vraiment super, je comprends l'engouement des plongeurs. N'ayant pas encore suffisamment d'expérience, je consomme un peu trop d'air. Je signale à Richard quand je suis à 70 bars alors que les autres sont encore à 100 bars. Il me passe son embout de secours pour économiser ma bouteille pendant le regroupement et la préparation de la remontée. Puis nous entamons tranquilement la remontée avec un palier de décompression de 5 minutes à 3 m. Faire une plongée sur épave est intéressante et apporte une petite touche de mystère. C'est enchantés que nous remontons sur le bateau. Marco me montre ses photos, il y en a plusieurs bien sympathiques et j'ai hâte de les récupérer pour les mettre dans mon album. Après un moment de pose au club au cours duquel Richard me fait passer la théorie du niveau 1, je reprends la route en direction de Baie Mahaud.
C
De 92Guadeloupe2
omme je prends "La Traversée", je m'arrête au parc floral des Mamelles. C'est un parc avec circuit aménagé dans la forêt au col des Mamelles. Il y a plusieurs plantes, arbres, fleurs présentés ainsi que quelques animaux dont le fameux raton laveur qui est le plus gros animal endémique de la Guadeloupe. J'assiste d'ailleurs à leur nourissage. Ils sont mignons et ont une jolie frimousse, on a du mal à imaginer que c'est un animal plutôt dévastateur. Je quitte le parc juste à la fermeture. Au cours de la promenade, je comprends pourquoi il ne faut pas faire d'effort après la plongée, je m'essoufle vite et vais donc doucement.
Le soir je sens que mon oreille droite me chatouille, Maud me donne de l'alcool boriqué. Au réveil cela va mieux.
De 92Guadeloupe2
Maud, les filles et moi partons de bonne heure pour prendre le bateau pour les Saintes. Vincent est de service, ce sont les journées portes ouvertes au régiment, et Cécile est de garde. A 9h nous débarquons aux Saintes et nous montons au fort Napoléon. Là, une Saintoise à la faconde très locale nous fait une visite toute en couleur. Cela valait tellement le déplacement que je l'ai filmée. Nous visitons le musée installé dans le fort, bien conservé, puis faisons le tour des remparts qui donnent une vue magnifique sur l'île et la Guadeloupe. Aujourd'hui, le temps est assez clair et le sommet de la Soufrière est dégagé. On peut même voir le panache de vapeur. Nous descendons ensuite sur la plage de Pompière, la seule plage où la baignade est autorisée. Avant de nous baigner, nous nous arrêyons à une cahute qui fait des sandwichs. Nous nous installons à une table au milieu des petits poulets et cabris qui tournent autour de nous espérant des miettes. Il faut les chasser car ils essaient même de nous prendre le pain de la bouche. C'est épique et cocasse. Nous allons ensuite nous baigner sur une plage de carte postale, avec sable blanc et cocotiers, eau bleue, calme et transparente. C'est magnifique. Nous nous équipons de palmes, masques et tubas et partons nager au-dessus des fonds rocheux un peu plus loin. Maud a pris Margaux avec elle et moi Sarah. Celle-ci m'épate, c'est un poisson dans l'eau, une crevette à l'aise dans son élément, elle s'émerveille de tout les poissons, verre de feu, coraux qu'elle voit et n'arrête pas de parler dans son tuba ou de chanter. Elle est vraiment amusante, palmant et brassant comme un petit chien. Elle va sur ses cinq ans, elle aura du mal à attendre huit ans pour faire de la plongée. Quand il faut sortir de l'eau, j'ai du mal à la faire sortir. Nous remontons ensuite au bourg en apercevant à plusieurs reprises de beaux iguanes qui peuplent l'île, et faisons un tour dans le village et l'église. Cela fait vraiment petit village de vacances avec petites maisons en bois colorées ou en pierres. Nous nous arrêtons pour déguster une bonne glace qui fait beaucoup de bien par cette chaleur. Nous passons ensuite faire quelques emplêtes à la savonnerie et chez une modiste où Maud s'est fait faire une robe couleur locale. Pendant que nous sommes à la savonnerie il y a une petite secousse sysmique. Maud l'a bien sentie, des Saintois aussi, moi j'ai eu l'impression qu'un camion était passé dans la rue. Nous reprenons ensuite le bateau rapide qui nous ramène à Trois Rivières en quinze minutes, le souffle de l'air fait beaucoup de bien par cette chaleur. Nous rentrons ensuite à Baie-Mahaud. Après ma douche, mon oreille droite me chatouillant toujours, je pars au centre de soin de l'aéroport. Comme il y a pas mal de monde, je dois attendre une heure et demie. A part les deux médecins qui consultent, je suis le seul blanc. J'ai un début d'otite avec ce qui semblerait un début de micose dans l'oreille. Le médecin me prescrit un traitement et je rentre. Une bonne nuit nous remet sur pieds.
Aujourd'hui, Maud, Cécile, les filles et moi rejoignons Vincent aux journées portes ouvertes du RSMA (Régiment de Service Militaire Adapté) pour manger avec lui. Si le service national a disparu, le RSMA a gardé sa mission de formation professionnelle des jeunes en difficulté en Guadeloupe. Cela me permet de voir le cadre de travail de Vincent, il me présente à plusieurs de ses collègues de travail. L'ambiance est sympathique et les amis de Vincent et Maud accueillants. Les filles font quelques activités: pêche à la ligne, trampoline, château gonflable et nous assistons à une démonstration de chiens d'attaque et de recherche. Maud en profite pour s'inscrire pour un baptême de saut en parachute en tandem à 4000m. Elle est tentée depuis longtemps et profite du stand du club pour s'inscrire. Elle m'a converti à la plongée, moi je l'ai incitée au parachutisme....
Une anecdote qui m'a bien amusé: hier en revenant vers le bateau, Sarah m'interpelle et me dit: "François, tu fais partie des vieux?", Maud un peu génée l'interrompt: "Sarah, quand même...", j'éclate de rire mais çà en reste là. Ce matin, au petit déjeuner, Sarah revient sur son idée: "François, toi, tu fais partie des vieux?", alors en riant, je lui demande pourquoi et elle me répond: "Parce que tu as les cheveux blancs, et les vieux, quand ils ont les cheveux blancs, ils meurent." Logique enfantine qui m'a bien fait rire.

mardi 31 mai 2011

Découverte des richesses Guadeloupéennes

De 90Guadeloupe1
Lundi, tout le monde reprenant le chemin du travail ou de l'école, je prends la route de Grande Terre pour aller la visiter un peu plus profondément. Maud m'a conseillé de voir la distillerie Damoiseau et l'ancienne sucrerie de Beauport transformée en musée. Je rejoins Le Moule en prenant par les Grands Fonds. C'est l'intérieur des terres de Grande Terre. C'est une région très accidentée avec de nombreux petits vallons très verdoyants, très encaissés et aux flancs abruptes. C'est assez curieux et joli. A la distillerie, la visite est libre et les touristes se promènent au milieu des machines, cuves, tuyaux, alambiques, etc... La canne est broyée, pressée trois fois avant d'être mise en cuve à l'air libre pour une fermentation qui ne dure que 36 à 48h. La distillation se fait ensuite dans des alambiques ressemblant à des hauts fournaux de raffineries de pétrole. Il en sort un alcool à 90° assez parfumé. Le rhum blanc est ensuite obtenu par coupage avec de l'eau, le rhum vieux est obtenu par un vieillissement de trois ans minimum en fût de chêne. La visite se termine par une dégustation et bien sûr un achat.
Je vais ensuite à Beauport en traversant l'île, malheureusement le musée est fermé le lundi. Je vais faire un tour vers la dernière sucrerie de l'île: Gardel. Il n'y a pas de visite l'après-midi. Je rentre donc en faisant un crochet par la porte d'enfer, jolie petite crique battue par les vagues.
Le lendemain matin, après avoir déposé les filles à l'école, je file à la sucrerie Gardel. Je suis le seul visiteur, la guide me fait quand même faire le tour. Les cannes arrivent par semi-remorques, remorques de tracteurs ou par camionettes 404 peugeot et déversées sur une aire provisoire où les piques-boeuf s'en donnent à coeur joie. La visite est très intéressante. On voit comment des cannes ils tirent un jus qui va être épuré, filtré, évaporé, cuit, etc... pour en tirer un sucre roux naturel. Celui pour la consommation locale sera conditionné en dosettes de quelques grammes à des big-bags d'une tonne. Pour le plus gros de la production qui part en France, il part en vrac par bateau pour être afiné, et blanchi en arrivant en France. Le sucre roux d'europe, est un sucre blanc recoloré, ce n'est pas naturel.
Je file ensuite à Beauport où une ancienne sucrerie fermée depuis 1990 a été aménagée en musée de la canne. Les anciens bâtiments sont en piteux état, il n'y a pas grand-chose à voir, mais les panneaux explicatifs et l'audio-guide sont très bien faits et très instructifs. Cette visite complète très bien la visite de l'usine Gardel. Elle apporte le côté historique et le côté scientifique.
De 90Guadeloupe1
Je retourne ensuite à Pointe à Pitre car j'ai rendez-vous avec le médecin pour passer la visite d'aptitude à la plongée. Les maisons des villages traversés sont souvent en très mauvais état et reflètent l'histoire de la Guadeloupe. Ce sont souvent de petites maisons de bois à un niveau avec galerie devant. Elles abritaient les familles des ouvriers agricoles. Beaucoup tombent en ruine, mais il y en a encore beaucoup d'habitées. Elles gardent parfois un certain cachet. D'autres sont à deux étages avec galerie périphérique. Elles aussi sont souvent en très mauvais état. C'est bien dommage..
Le soir, comme c'est mon anniversaire, j'invite toute la petite famille au restaurant. Nous allons dans le restaurant de la Vieille Tour à Gosier. C'est le meilleur restaurant de l'île paraît-il. Ce fut en effet très fin et excellent. Au moment du dessert, ils m'offrent deux livres: un sur "les Antilles secrètes et insolites", magnifique, et un roman écrit par un guadeloupéen. Cela me touche beaucoup.
De 91fleurs de Guadeloupe
Aujourd'hui, mercredi 1°juin, premier jour de ma 63°année, je vais commencer ma formation à la plongée sous-marine. Comme j'ai rendez-vous à 12h30, après avoir déposé les filles au centre aéré du parc de Valombreuse, je prends le chemin côtier de Basse-Terre en direction de Deshaies. Il y a là un parc floral qui a appartenu à Coluche et qui est splendide. Les fleurs sont tellement belles, le jardin superbe que j'en oublie un peu l'heure, prenant moult photos des fleurs, plantes, oiseaux. Si le coeur vous en dit, vous pourrez les admirer en cliquant sur mon album à la rubrique: "91Fleurs de Guadeloupe". J'ai passé plus de 2h dans le parc. A midi, surpris par l'heure, j'accélère le pas et termine en queue de poisson la visite. Je vois bien le Paradis comme ce jardin, c'est tellement beau!
De 90Guadeloupe1
....
De 90Guadeloupe1
Je prends ensuite rapidement le chemin du club de plongée et j'y arrive avec cinq minutes de retard. Comme nous ne sommes que deux, ils m'ont attendu. Je fais deux plongées dans la foulée, une à 12h30 et l'autre à 15h. Elles durent environ 40 minutes. On commence par quelques exercices: retrait et reprise de l'embout, retrait et vidage du masque, stabilisation, etc..., puis nous faisons de l'exploration. La première plongée est à 6m, la seconde à 12m. A la plongée de 15h, Cécile me rejoint car elle aussi passe son niveau 1. Pour celle-ci, nous sommes 8 sur le bateau avec deux moniteurs dont un pour nous deux. La première fois, j'ai un peu de mal à me stabiliser et à maîtriser mes évolutions, la seconde fois, c'est mieux. Au cours de l'exploration, nous naviguons au milieu des poissons, des coraux, des éponges... c'est magnifiques. Les couleurs et formes sont très variées, les poissons très divers et superbes. On se croirait dans un aquarium. Nous voyons une tortue endormie à 10 m de fond, une grosse langouste et deux murènes. Je suis enchanté par ce nouveau sport. Comme le club ferme dimanche soir et que je repars dans une semaine, je vais faire mon niveau 1 en trois jours. Je replonge donc demain et après-demain par deux fois chaque jour. Ce soir, je vais donc aller rejoindre Morphée en rêvant aux beautés de ce paradis terrestre....

dimanche 29 mai 2011

Premiers jours en Guadeloupe

Ce 24 mai, j’arrive à Pointe à Pitre à 17h30, il fait bon, voir frais dans l’avion. Dehors, le ciel est quelque peu nuageux, plus chargé que celui de France. Pourquoi quitter le soleil de France pour trouver la pluie dans les Caraïbes ? C’est mon goût des voyages et ma curiosité qui m’amènent ici. En sortant de la carlingue, une chape de plomb chaude et humide nous tombe sur les épaules, et en quelques minutes on se retrouve moite. Je suis accueilli à l’aéroport par mes neveux Vincent et Cécile. Après les embrassades, nous prenons la route vers Baie Mahault où Vincent et Maud se sont installés. Cécile est venue travailler quelques mois pour goûter à la vie Guadeloupéenne. En arrivant à la maison, je fais connaissance avec Margaux et Sarah, les deux charmantes poupées de Vincent et Maud. Elles sont mignonnes comme tout, Margaux semble très féminine alors que Sarah me fait l’effet d’un petit bouchon rebelle, un peu garçon manqué. Elles sont adorables. Je me dépêche d’ouvrir ma valise pour mettre rapidement au frais charcuterie et fromage que je leur ai rapporté et qui ravissent tout de suite les grands car ici, cela n’est que du domaine du rêve. Après le repas, c’est Vincent qui est plus fatigué que moi, malgré le décalage horaire. Il est vrai qu’il est 23h (5h pour moi) et qu’il se lève tous les matins à 4h.
Le matin, je m’installe tranquillement et remet en condition mon ordinateur afin d’en tirer le maximum durant mon périple. Cela fait plus d’un an et demi qu’il n’a pas vraiment tourné. Maud donne ses cours au collège, Cécile officie à la clinique vétérinaire et Vincent encadre au SMA. La maison est calme et il fait chaud. A midi, Vincent et Maud reviennent et nous partons manger dans un petit troquet guadeloupéen. La carte offre plusieurs spécialités de grillades : bœuf, poulet, darne de poisson, poissons entiers, etc….. Très appétissant, mais au moment de commander, il n’y a pas de bœuf, pas de darne de poisson, pas de poisson, et il ne reste que le poulet…
Après le repas, nous prenons une petite route très cabossée et accidentée pour grimper dans la montagne en direction des chutes du Carbet. Nous nous arrêtons en pleine forêt pour suivre une petite piste pénétrant la forêt luxuriante et atteignons le lit d’un torrent que nous remontons sur une centaine de mètres. Nous nous arrêtons au bord de trous d’eau. Dans l’un d’eux, il est presque difficile de s’y baigner l’eau est à près de quarante degrés. Dans le bassin voisin, l’eau paraît froide avec ses vingt cinq degrés environ et un troisième récupère ces deux eaux pour donner une température plus douce. De retour à la voiture nous sommes de nouveau moites, la chaleur est lourde et humide.
Le lendemain matin, jeudi, Maud ne travaillant pas, elle nous emmène Cécile et moi faire notre baptême de plongée sous-marine. Pour Cécile, ce n’est pas vraiment un baptême, c’est la seconde fois. Pour moi, c’est vraiment une première. Nous prenons la route de la traversée qui traverse la chaîne de montagnes de Basse-Terre. L’air est brumeux, nous distinguons difficilement le paysage. Un vent venant du Sahara, chargé de fines particules, traverse toutes les Antilles. La nature est luxuriante avec des arbres aux grandes et belles feuilles, les palmiers, les lianes, les fleurs… c’est la forêt vierge. Arrivés au club, Maud nous présente et nous nous inscrivons pour la sortie. Nous embarquons sur un petit bateau chargé de matériel de plongée. Maude se joint à un groupe de plongeurs expérimentés quant à Cécile et moi, nous sommes pris en main par un moniteur qui nous emmène l’un après l’autre faire un petit tour dans les profondeurs pour découvrir les beaux poissons et coraux qui peuplent le parc Coustaud. Nous pouvons admirer une multitude de poissons divers et colorés. Cette plongée me fait découvrir un nouveau sport que je ne connaissais pas et qui est bien agréable.
Le vendredi 27 est la commémoration de l’esclavage, c’est donc un jour férié. Cécile est de garde et reste à la maison. Vincent, Maud, les filles et moi partons faire le tour de la Grande Terre en commençant par la pointe de la Grande Vigie au nord de l’île, puis nous allons déjeuner et prendre un bain à la plage de la Porte d’Enfer. Nous longeons ensuite la mer jusqu’à la pointe des châteaux. La campagne est assez plane, couverte essentiellement de cannes à sucre. Nous traversons plusieurs villages aux maisons assez lépreuses. A la pointe des châteaux nous laissons les voitures pour monter au point de vue qui domine la pointe de la falaise. La vue est belle mais malheureusement un peu bouchée par la brume. A Saint François, les maisons sont plus belles et cossues, ont voit très nettement que nous sommes dans la zone huppée de l’île. Il y a un golf et un petit aérodrome avec de nombreux petits avions de tourisme. Sur le chemin du retour, à partir de Sainte Anne, nous rencontrons des bouchons jusqu’après Pointe à Pitre, on se croirait en région parisienne. C’est l’unique route qui draine toutes les plages.
Ce samedi matin, Vincent, Cécile et moi allons faire un tour à Pointe à Pitre en emmenant les filles. Nous faisons un tour aux marchés aux épices, aux fruits et légumes, aux poissons et aux fleurs. Ce sont des marchés colorés mais plus petits que les marchés de la Réunion. Etant devant la cathédrale, nous la visitons. C’est un bâtiment construit fin du 19°s, L’extérieur est en maçonnerie peint en jaune, l’intérieur est en structure métallique comme les marchés couverts. C’est assez curieux. Nous faisons ensuite un tour dans le centre ville. Les maisons au type colonial sont dans un état lamentable, délabrées, pas du tout entretenues, voir en ruine, c’est sale. C’est dommage car si un effort était fait pour les remettre en état, si les galeries étaient fleuries, cela pourrait être mignon.
De retour à Baie-Mahaut, nous récupérons Maud et partons sur Basse-Terre pour aller nous baigner au pied d’une cascade. Nous nous garons à l’entrée d’un chemin et nous enfonçons dans la forêt. Les plantes foisonnent, les fougères sont de véritables arbres, les cocotiers croulent sous les noix de coco laissées à l’abandon. Le sentier est envahi de racines qui permettent de monter ou descendre sans glisser. Nous atteignons le lit d’une rivière et tel des Indiana Jones, nous la remontons jusqu’à un bassin au pied d’une belle cascade. Il y a déjà des touristes qui profitent du coin. Nous pique-niquons puis nous mettons à l’eau. L’eau est fraîche mais bonne et claire. C’est vraiment très agréable. Un peu de fraîcheur fait beaucoup de bien. Nous y restons jusque vers 16h puis nous reprenons le chemin inverse.
Nous nous sommes couchés tôt car nous nous levons vers 1h30, 1h50. Des amis de Vincent et Maude nous rejoignent et nous partons pour le volcan de la Soufrière. Nous voulons assister au lever du soleil au sommet du volcan. Comme il est toujours dans les nuages, sauf parfois le matin, on espère avoir une éclaircie. En suivant une petite route très raide, nous atteignons le parking aux Bains Jaunes, au-dessus de St Claude. Nous empruntons un chemin empierré qui nous conduit au bout d’une heure et demie environ au sommet du volcan. Nous marchons à la lampe frontale car il fait nuit noire. Par moment nous avons des relents d’œuf pourri. Dans la deuxième moitié de l’ascension, nous traversons le nuage, l’air est plus frais et humide. Nous faisons une pause au refuge, et quand le jour se lève, nous rejoignons le sommet qui est tout proche. Nous nous promenons sur une zone désertique, très chahutée, au paysage lunaire et parsemé de cratères plus ou moins profonds. Nous entendons un jet de vapeurs soufrées qui jaillit des entrailles du volcan, mais avec le nuage, nous ne le voyons que par intermittence. Nous passons les barrières et nous approchons du cratère. Il n’est pas très profond, mais du fond, de plusieurs trous dans la roche, des jets de vapeurs sortent en grondant. Les vapeurs et les bords du cratère sont jaunâtres, chargés de souffre. Le jour se lève, mais les nuages nous entourent et ne semblent pas vouloir se dissiper. Au bout d’un moment, n’ayant aucune visibilité, un peu déçu, nous prenons le chemin du retour. A mi chemin de la descente, le sommet semble un peu plus dégagé, mais l’est-il en réalité ? Ce sont les touristes que l’on croise qui le verront, mais ils prendront peut-être la pluie que l’on verra plus tard. La nature est belle la palette de couleurs étendue. Les ananas sauvages mettent une couleur rouge dans ce paysage vert, jaune et blanc aux teintes multiples. De retour aux Bains Jaunes, nous nous plongeons dans le bassin d’eau chaude qui est là ? L’eau est douce, chaude et claire. C’est très agréable après cette promenade. Mais au moment de sortir de l’eau, la fraîcheur de l’air nous saisit.
Au retour, le reste de la journée sera calme et repos. Il faut bien récupérer de la nuit courte !

dimanche 15 mai 2011

Fin de mon périple

Je devrais dire plutôt "fin provisoire". En effet, voilà maintenant dix mois que j'ai arrêté, ou plus exactement: que j'ai dû arrêter. Depuis plusieurs semaines, j'avais une gêne douloureuse en bas du ventre et en fin de journée, une grosseur assez conséquente. A Salons, j'ai consulté un médecin qui a diagnostiqué une hernie crurale qui nécessitait une opération (elle faisait 6cm). Il m'a vivement conseillé de m'arrêter et de rentrer chez moi pour me faire opérer. J'ai donc continué jusqu'à Cotignac et ai profité de la voiture de mes amis venus de Besançon pour rentrer. Je n'ai pas pris le temps de mettre à jour mon site tout de suite, d'abord parce qu'il m'a fallu une semaine pour "atterrir", retrouver mes marques, puis je suis reparti dans le tourbillon de la vie quotidienne qui m'a un peu fait oublier la mise à jour de mes récits. A la veille de repartir, je tiens quand même à le faire.

Mais revenons à l'endroit où je me suis arrêté, c'est à dire à Arles. Après une bonne nuit de repos, je commence ma journée en mettant à jour mon blog: Annie très gentiment m'a prêté son ordinateur. A midi, je vais en ville prendre un casse-croûte sur la petite place voisine, puis je vais visiter les monuments. Arles détient plusieurs vestiges romains en bon état de conservation ou bien restaurés. Je commence par les thermes de Constatin, puis je fais le tour du musée Picasso qui est dans un beau bâtiment, les arênes retiennent un moment mon attention car elles sont très grandes et belles. Un passage par l'amphitéâtre avant de visiter le cloître de St Trophime, puis je descends voir les crypto-portiques. C'est un ensemble très curieux de portiques construits par les romains pour supporter le forum et compenser le dénivellé du terrain. Après un petit tour dans l'espace Van Gogh, je me dirige vers les allées des Alyscamps et la chapelle St Honorat qui est le point de départ du chemin d'Arles. Lieu mythique immortalisé par Van Gogh. Je rentre vers 18h30, fatigué mais content de ma visite. Je trouve Annie en plein ouvrage de broderie, elle réalise des travaux magnifiques. Après avoir bavardé un moment avec elle, je prépare les trajets de mes deux journées suivantes. Annie est une excellente cuisinière, elle a préparé un succulent repas. Au cours du dîner nous avons des échanges et partages très profonds et sympathiques.
Après une très bonne nuit, je prends la route vers 8h à travers les rues d'Arles en direction de l'abbaye de Montmajour. C'est un ensemble magnifique. Je n'ai pas pu la visiter car elle n'était pas encore ouverte et je n'aurais probablement pas eu le temps d'en profiter vraiment. Vu la taille et la richesse apparente des bâtiments, on devine que ce devait être une abbaye très importante. Annie m'a parlé d'un hébergement à Mouriès, mais je n'en suis pas sûr, je trace donc sur une petite route très peu fréquentée. Je croise deux pélerins. Mon chemin coupe le tracé d'un acqueduc romain. A Paradou, pendant mon casse-croûte, j'appelle Mouriès sans succés Finalement je tombe après plusieurs appels sur une personne qui ne s'en occupe plus mais qui me donne les coordonnées d'un autre contact. Je tombe sur un répondeur. Je reprends le chemin et arrive finalement à Mouriès. Sur la porte du presbytère, je trouve les coordonnées de plusieurs contacts. Je passe plus de dix appels différents pour enfin tomber sur le diacre qui vient m'ouvrir...... la salle de cathé! pas de lit, pas de réchaud, rien....En fait, il n'y a pas de gîte! Comme il est trop tard pour que je reprenne la route, je m'en contente. Le diacre va me chercher un lit picot. La douche (froide) et le lavabo sont dans la cour. Après une douche bénéfique mais très rapide, je fais ma lessive comme d'habitude, mets à jour mes notes, prépare des itinéraires futurs puis vais prendre un repas dans un restaurant voisin. Lors de mon passage à Salvetat, Isabelle de Toulouse m'avait donné les coordonnées d'Yves Deroubaix de Salons, responsable de l'association Jacquaire locale. Je l'appelle pour trouver un gîte pour le lendemain et le rencontrer pour faire le point des gîtes futurs. Je tombe sur son épouse, membre aussi de l'association. Etant absents le soir, elle me propose de me trouver un gîte et de me rencontrer dans l'après-midi. Le lit picot étant assez dur, ma nuit est moyenne.
Je pars de bonne heure en prenant le chemin au plus court, ce sont de petites routes. Quand je passe à Cure-Bourse, je me rappelle que des cousins éloignés y vivent, mais je n'ai pas leur adresse et je ne me souviens plus où c'est. J'y étais venu il y a .... 36 ans! J'avise un conducteur du coin mais il ne connait pas tout le monde. Il ne peut me renseigner. Je continue donc jusqu'à Salons. Je m'arrête dans un jardin dans le centre ville pour manger mon sandwich. J'appelle Yves Deroubaix et je tombe sur sa femme, Michèle, qui me donne son adresse. Je la rejoins. Elle m'accueille très chaleureusement dans une superbe maison bâtie au pied d'un rocher avec une piscine en angle. Elle me donne une liste d'adresses pour les hébergements futurs. Je lui demande alors où est l'hôpital. Comme elle me demande pourquoi, je lui parle sommairement de ma gêne douloureuse dans le ventre, elle m'annonce alors que son mari est médecin et qu'il peut très bien m'ausculter. Elle est elle-même infirmière. Je ne pouvais pas mieux tomber! Au lieu de perdre mon temps aux urgences de l'hôpital j'accepte volontiers l'idée. Je lui explique un peu plus en détail mon problème, elle diagnostique une hernie, ce que je crégnais. Comme son mari n'est pas là et qu'elle l'attend, elle me propose de prendre une douche et de me baigner dans la piscine. Je prends une douche et quand je commence à laver mon linge, elle me le prends pour le laver en machine. A l'arrivée d'Yves, je lui explique mon problème, il m'examine et confirme la hernie. Il me conseille alors vivement de m'arrêter et de rentrer me faire opérer. Il accepte que je continue et fasse Cotignac, mais avec prudence. Ils m'invitent ensuite à partager leur repas. Nos échanges sont très sympathiques, intéressants et profonds. Nous parlons entre autre du chemin et de leurs engagements dans la région, de leur chaîne d'accueil. Après une baignade, ils me font visiter leur maison puis Michèle m'emmène chez Maurice qui m'hébergera ce soir. Son accueil est très sympathique, nos échanges intéressants, mais si Michèle et Yves étaient intéressés par le côté foi du Chemin, ce n'est pas le cas de Maurice. Il me montre sur Google le tracé du chemin. Je le relève sur mon GPS. La nuit est très bonne et réparatrice.

Après le petit-déjeuner, Maurice m'accompagne jusqu'à la sortie de la ville pour me mettre sur le chemin. Lors de la traversée, il me montre un peu le coeur de la vieille ville. Nous marchons d'un bon pas et il me quitte à l'entrée de la Via Aurélia, après l'autoroute. Je passe devant une borne milliaire. Le chemin est tout droit, il suit une ancienne voie romaine. A partir d'Eguille, je suis un chemin forestier ombragé et agréable en ce temps chaud. A l'entrée d'Aix, j'appelle Daniel qui, prévenu par Michèle, me donne son adresse, c'est à moins d'un kilomètre. Quand j'arrive chez lui, il n'est pas là, il est à un enterrement. Un maçon et ami qui travaille chez lui m'ouvre et m'installe. Douche, lessive et repos. A son arrivée, Daniel m'emmène faire tamponner la crédanciale à la paroisse puis me fait faire un tour rapide de la vieille ville et me fait voir en particulier la cathédrale. Ma visite est rapide car il y a une messe, mais j'ai un rapide aperçu. Elle est très curieuse et superbe. Il y a un très beau baptistère. il faudra que je revienne la visiter en détail avec mon appareil photo, je l'avais laissé à la maison. Retour à la maison, apéros, repas bien arrosé, longue discussion sur le Chemin, l'Eglise, les prêtres.... A 22h30, je monte me coucher. La nuit est un peu difficile car le lit est court et le matelas un peu fatigué.
Daniel m'a gentiment préparé un casse-croûte pour la route. Avec son épouse, il m'ammène à la sortie d'Aix et laisse au bord de la route. Comme je n'arrive pas à joindre le gîte de Pourrière, je décide de ne pas y passer et de tracer jusqu'à St Maximin (39km). Je prends au plus court par la N7, je la quitte à Chateauneuf le Rouge pour suivre un charmant petit vallon. Je passe devant la stèle de Marius Caïus (ou plutôt le socle de...). Mais très rapidement je retrouve la N7. Arrivé à 16h45 à St Maximin, je vais visiter la cathédrale, très belle avec de belles stalles et le tombeau de Ste Marie-Madeleine, III° tombeau de la chrétienté.
Daniel avait appelé l'Office du Tourisme qui lui avait donné les coordonnées d'une chambre d'hôtes faisant un prix pour les pélerins. Je l'ai appelée à midi pour réserver. Comme c'est à 3.5km de St Maximin et compliqué pour y accéder, Isabelle l'hôtesse vient me chercher devant la cathédrale. Elle m'installe dans une jolie maison au milieu des bois. Comme elle va au spectacle de fin d'année de son fils, elle ne fait pas le dîner ce soir-là. Après la douche et la lessive, je repars donc à pied vers St Maximin. Au bout d'un kilomètre une voiture me prend et me dépose au centre ville. Je repère un restaurant vietnamien où je prends un excellent repas, avec des baguettes, ce qui me fait penser à mon amie malaisienne. Le repas à peine terminé, Isabelle m'appelle pour me proposer de venir me chercher. Elle me ramène donc au logis où je fais la connaissance d'un couple d'Italiens très sympathiques en vacances dans le gîte contigüe. Je me couche et passe une bonne nuit bien réparatrice.
Debout à 7h30, je prends un copieux petit-déjeuner avec Isabelle, très chaleureuse, qui m'interroge sur les motivations de mon pélerinage. Je lui porte témoignage sur ma conversion à La Salette et les dons reçus à Cotignac. Ce fut un moment de partage très profond, elle est touchée par cet échange.
Je pars ensuite en direction de St Maximin où je visite le cloître du couvent Royal et refais un tour de la cathédrale et prends un repas dans un restaurant sur le cours. Je fais ensuite les courses pour le pélerinage des pères de familles du week-end. Mon sac est bien rempli et plus lourd. Je prends la route pour Bras où je dois retrouver mes amis de Besançon. Comme il n'y a que 9km, je fais la route tranquillement d'autant qu'il fait très chaud. Depuis que j'ai quitté le sud-ouest, il fait chaud et c'est plus pénible de marcher. D'ailleurs, depuis St Gilles, je marche en sandales et ma foi, c'est très agréable. A un moment, trouvant une pieere à l'ombre je m'arrête et m'assoie.... Je bondis rapidement: je me suis assis sur une fourmillière de grosses fourmis rouges qui m'attaquent de partout et me mordent partout: cuisses, bras, cou..... Je me brosse rapidement pour tout enlever et je repars. Je m'arrête durant une heure dans un bar à Bras. Je fais un passage à l'épicerie pour acheter quelques fruits frais puis prends le chemin du bivouac. Le ciel est menaçant et sur la météo ils annoncent des averses orageuses, j'hésite entre continuer et chercher un local paroissial. Comme le gros nuage s'éloigne vers l'Est, je continue et quitte le village. A 750m du village, de grosses gouttes se mettent à tomber. Je fais tout de suite demi-tour mmais très vite cela se transforme en violente averse. Je m'arrête quelques minutes sous un arbre pour mettre la protection sur le sac, moi je suis déjà trempé. Je cours vers un abri bus peu étanche où j'attends la fin de l'orage. Quand cela se calme un peu, je reviens au coeur du village. J'avise un couple de personnes agées abritées dans l'entrée de leur garage. je leur demande s'il y a un local paroissial. Elles me répondent par l'affirmative et m'indiquent la personne qui s'en occupe. Heureusement elle est chez elle. Elle me répond que la salle n'est pas en état, mais je demande à la voir. Elle m'y emmène par l'église à laquelle elle est contigüe. Le local est vétuste, mais c'est mieux que la pluie et le sol détrempé. Je le prends et j'appelle Pierre pour le prévenir du changement puis j'ouvre la fenêtre et fais un peu le ménage. Je prépare ensuite mon sac pour laisser dans la voiture les choses inutiles pour les deux jours à venir. Je mets mon tee-shirt à sécher puis je vais commander une pizza pour le soir. Je profite de la sortie de la ventilation de la pizzeria pour me réchauffer et me sécher.
Quand arrive la voiture, ce sont des retrouvailles émues avec Pierre et Jean-louis. Nous tombons dans les bras les uns des autres: j'avais tenu mon engagement de les retrouver là, sur le chemin du retour pour marcher avec eux vers Cotignac. Nous prenons un repas copieux, célébrons complies puis nous nous couchons. J'avais trouvé un matelas pour Jean-Louis, mais il n'en a pas voulu, je l'ai donc récupéré ce qui fait que c'est un peu moins dur que le sol.
Après une nuit courte, nous prenons le chemin de Gigery, 30km dans la garrigue. A Brue Auriac, nous retouvons une paroissienne qui nous attend pour la messe à la chapelle du cimetière. Il fait chaud et Jean-Louis peine, il a quand même 71 ans! Je lui prête mes bâtons pour qu'il essaie. Cela semble bien l'aider car il les gardera durant les deux jours. Quand à moi, je me rends compte que je ne peux plus marcher sans les bâtons, je rame! Mais avec l'entraînement, 3500km quand même, je trotte comme un lapin. Comme il y a eu beaucoup de coupes avant Gigery, on se trompe un peu. Heureusement, mon GPS me permet de corriger rapidement la trajectoire.
Arrivé à Gigery, comme d'habitude, nous prenons notre douche froide sous le tuyau d'arrosage, cela fait beaucoup de bien par cette chaleur, puis lessive, repas, complies et couchage dans mon hamac tendu entre deux oliviers. La nuit est très fraîche.
Le lendemain nous reprenons le chemin traditionnel, mais à Ponteves Pierre est obligé d'arrêter, il a mal à la hanche et craint pour ses pieds. Jean-Louis qui la veille pensait arrêter décide de continuer. Avec Serge, nous montons d'une traite le Bésillon en 45 minutes. Marc nous rejoint 15 minutes après en disant que Jean-Louis peine et qu'il l'a laissé il y a une demie-heure pour une pause de 10 minutes. Je redescends donc à sa rencontre pour lui prendre son sac, mais au bout de 700m, je le trouve montant hardiment avec les bâtons. Il a regagné 10 minutes sur Marc. Nous faisons une bonne pause au col, puis nous redescendons sur notre lieu habituel de pique-nique où, à l'ombre des pins nous restons 2h30 pour un casse-croûte et une sieste. Nous repartons ensuite vers le monastère St Joseph où nous retrouvons Pierre qui a récupéré la voiture à Bras. Il nous prend les sacs et nous continuons sur Cotignac où, après un passage à la basilique, nous installons notre bivouac sous les arbres en contrebas du sanctuaire. Le soir, la messe nous réunit avec les autres pélerins de plus en plus nombreux. Après un repas frugal, nous rejoignons la basilique pour la veillée puis l'adoration nocturne, confessions, méditation. Moment profond que j'apprécie particulièrement depuis que je viens là, compte tenu des grâces que j'y ai reçues.
Le lendemain matin certains se rendent au sanctuaire St Joseph, d'autres restent, j'en suis. Puis nous participons à une belle messe avec les familles qui nous ont rejoints. Après un casse-croûte rapide nous reprenons la route vers Besançon. Cela me fait tout drôle de rentrer.

Je mets à peu près huit jours pour atterrir, retrouver mes habitudes. Je suis un peu "satellisé". Au cours du Chemin, j'ai rencontré des pélerins qui faisaient le Chemin pour la cinquième, vers huitième fois. Je me disais: "ho, je l'ai fait une fois, je ne le referai pas". Voilà maintenant dix mois que je suis rentré, mon emploi du temps était bien rempli, je ne me suis pas ennuyé, au contraire, j'ai goûté chaque instant, chaque rencontre, mais chaque jour j'ai revu des images de mon Chemin, j'ai repensé à des rencontres, des moments vécus, des paysages .... Je repartirai! Et déjà, cette année, entre août et novembre, je trouverai quelques jours pour finir ce que je n'ai pas fait: de Cotignac à Besançon en passant par ND du Laus et La Salette. Ce sera certainement en septembre. Mais c'est sûr, je le ferai cette année, à moins d'un empêchement indépendant de ma volonté.