samedi 4 juin 2011

Plongée en mer Caraïbes

De 92Guadeloupe2
Jeudi, tout le monde étant en repos, nous partons tous pour le club de plongée sur la plage de Malendure. Margaux et Sarah restent au club à dessiner sous la surveillance de Clélia pendant que Maud, Vincent, Cécile et moi nous embarquons dans le bateau. Ce matin Maud et Vincent plongent ensemble, Cécile et moi descendons à 12m pour apprendre à faire l'échange d'embout en cas de panne d'air. Tout se passe bien. Quant à la stabilisation, je progresse et commence à mieux sentir et maîtriser. Après 15 minutes d'exercices nous partons en exploration. Le coin est encore magnifique, les poissons multicolores, les coraux divers et les éponges nous émerveillent. Aujourdhui, j'ai mis une combinaison, ce n'est pas que l'eau soit froide, elle est à plus de 30°, mais hier j'ai touché un corail de feu qui comme son nom l'indique brûle et j'ai été piqué par une petite méduse filament. Les démangeaisons qui suivent ne sont pas très agréables. Au cours de la promenade nous croisons Maud et Vincent.
Nous rentrons souffler au club à l'issue de la sortie et pendant le regonflage des bouteilles. Nous mangeons un sandwich tout en feuilletant un livre de photos sous-marines réalisées par Isabelle et Marco qui plongent avec nous aujourd'hui. Ils sont passionnés de photos sous-marines et plongent un peu partout dans le monde. Leurs photos sont splendides et c'est un régal.
A 12h30 Cécile et moi nous repartons avec le bateau alors que Vincent et Maud emmènent les filles se baigner. Cette fois nous descendons dans le "Jardin de Corail et allons saluer le buste de Cousteau immergé à 12m. après quelques exercices nous allons en exploration et descendons à 16m. C'est toujours aussi beau et nous avons même la chance de voir une tortue verte nager et remonter à la surface. Après cette plongée, nous rejoignons Vincent et Maud et rentrons sur Baie-Mahaud. Nous sommes un peu fatigués et une petite sieste est la bienvenue. Au moment d'aller me coucher, je ferme fenêtre et volets et je vois sauter quelque chose dans la chambre. Je cherche ce que c'est, c'est une petite grenouille brune, toute mignonne. on les entendant siffler dans la nuit. Je la capture difficilement car elle est très vive et je la mets dehors.
Le lendemain vendredi tout le monde ayant repris le chemin des activités normales, je retourne au club de plongée. A 10H nous sommes trois novices en préparation de niveau 1, un confirmé et une jeune fille qui vient pour son baptême de plongée. Nous retournons au "Jardin de Corail" et après quelques exercices nous partons en exploration à 16m durant 46mn. On ne voit pas le temps passer. C'est si bon de se sentir flotter et planer au-dessus des paysages sous-marins. A la remontée sur le bateau on se sent terriblement lourd avec l'équipement. Richard le moniteur valide mon niveau 1.
A la plongée de 12h30, nous sommes cinq plus Richard et nous descendons sur une épave à 23m de fond. C'est un sablier de 53m de long. On commence par en faire le tour puis nous entrons dans le chateau arrière par l'escalier et descendons dans la salle des machines. C'est amusant de descendre des escaliers la tête en bas... après un tour à l'intérieur nous tournons autour du chateau arrière et apercevons la murène verte qui a élu domicile dans cette épave. Elle est blottie sous un gros caisson et nous n'en voyons que la tête, grosse et impressionnante. Marco et Isabelle étant de la plongée, ils font plusieurs photos et en profitent pour me prendre. Ils me les transmetront, cela me fera un beau souvenir. Cette dernière plongée est vraiment super, je comprends l'engouement des plongeurs. N'ayant pas encore suffisamment d'expérience, je consomme un peu trop d'air. Je signale à Richard quand je suis à 70 bars alors que les autres sont encore à 100 bars. Il me passe son embout de secours pour économiser ma bouteille pendant le regroupement et la préparation de la remontée. Puis nous entamons tranquilement la remontée avec un palier de décompression de 5 minutes à 3 m. Faire une plongée sur épave est intéressante et apporte une petite touche de mystère. C'est enchantés que nous remontons sur le bateau. Marco me montre ses photos, il y en a plusieurs bien sympathiques et j'ai hâte de les récupérer pour les mettre dans mon album. Après un moment de pose au club au cours duquel Richard me fait passer la théorie du niveau 1, je reprends la route en direction de Baie Mahaud.
C
De 92Guadeloupe2
omme je prends "La Traversée", je m'arrête au parc floral des Mamelles. C'est un parc avec circuit aménagé dans la forêt au col des Mamelles. Il y a plusieurs plantes, arbres, fleurs présentés ainsi que quelques animaux dont le fameux raton laveur qui est le plus gros animal endémique de la Guadeloupe. J'assiste d'ailleurs à leur nourissage. Ils sont mignons et ont une jolie frimousse, on a du mal à imaginer que c'est un animal plutôt dévastateur. Je quitte le parc juste à la fermeture. Au cours de la promenade, je comprends pourquoi il ne faut pas faire d'effort après la plongée, je m'essoufle vite et vais donc doucement.
Le soir je sens que mon oreille droite me chatouille, Maud me donne de l'alcool boriqué. Au réveil cela va mieux.
De 92Guadeloupe2
Maud, les filles et moi partons de bonne heure pour prendre le bateau pour les Saintes. Vincent est de service, ce sont les journées portes ouvertes au régiment, et Cécile est de garde. A 9h nous débarquons aux Saintes et nous montons au fort Napoléon. Là, une Saintoise à la faconde très locale nous fait une visite toute en couleur. Cela valait tellement le déplacement que je l'ai filmée. Nous visitons le musée installé dans le fort, bien conservé, puis faisons le tour des remparts qui donnent une vue magnifique sur l'île et la Guadeloupe. Aujourd'hui, le temps est assez clair et le sommet de la Soufrière est dégagé. On peut même voir le panache de vapeur. Nous descendons ensuite sur la plage de Pompière, la seule plage où la baignade est autorisée. Avant de nous baigner, nous nous arrêyons à une cahute qui fait des sandwichs. Nous nous installons à une table au milieu des petits poulets et cabris qui tournent autour de nous espérant des miettes. Il faut les chasser car ils essaient même de nous prendre le pain de la bouche. C'est épique et cocasse. Nous allons ensuite nous baigner sur une plage de carte postale, avec sable blanc et cocotiers, eau bleue, calme et transparente. C'est magnifique. Nous nous équipons de palmes, masques et tubas et partons nager au-dessus des fonds rocheux un peu plus loin. Maud a pris Margaux avec elle et moi Sarah. Celle-ci m'épate, c'est un poisson dans l'eau, une crevette à l'aise dans son élément, elle s'émerveille de tout les poissons, verre de feu, coraux qu'elle voit et n'arrête pas de parler dans son tuba ou de chanter. Elle est vraiment amusante, palmant et brassant comme un petit chien. Elle va sur ses cinq ans, elle aura du mal à attendre huit ans pour faire de la plongée. Quand il faut sortir de l'eau, j'ai du mal à la faire sortir. Nous remontons ensuite au bourg en apercevant à plusieurs reprises de beaux iguanes qui peuplent l'île, et faisons un tour dans le village et l'église. Cela fait vraiment petit village de vacances avec petites maisons en bois colorées ou en pierres. Nous nous arrêtons pour déguster une bonne glace qui fait beaucoup de bien par cette chaleur. Nous passons ensuite faire quelques emplêtes à la savonnerie et chez une modiste où Maud s'est fait faire une robe couleur locale. Pendant que nous sommes à la savonnerie il y a une petite secousse sysmique. Maud l'a bien sentie, des Saintois aussi, moi j'ai eu l'impression qu'un camion était passé dans la rue. Nous reprenons ensuite le bateau rapide qui nous ramène à Trois Rivières en quinze minutes, le souffle de l'air fait beaucoup de bien par cette chaleur. Nous rentrons ensuite à Baie-Mahaud. Après ma douche, mon oreille droite me chatouillant toujours, je pars au centre de soin de l'aéroport. Comme il y a pas mal de monde, je dois attendre une heure et demie. A part les deux médecins qui consultent, je suis le seul blanc. J'ai un début d'otite avec ce qui semblerait un début de micose dans l'oreille. Le médecin me prescrit un traitement et je rentre. Une bonne nuit nous remet sur pieds.
Aujourd'hui, Maud, Cécile, les filles et moi rejoignons Vincent aux journées portes ouvertes du RSMA (Régiment de Service Militaire Adapté) pour manger avec lui. Si le service national a disparu, le RSMA a gardé sa mission de formation professionnelle des jeunes en difficulté en Guadeloupe. Cela me permet de voir le cadre de travail de Vincent, il me présente à plusieurs de ses collègues de travail. L'ambiance est sympathique et les amis de Vincent et Maud accueillants. Les filles font quelques activités: pêche à la ligne, trampoline, château gonflable et nous assistons à une démonstration de chiens d'attaque et de recherche. Maud en profite pour s'inscrire pour un baptême de saut en parachute en tandem à 4000m. Elle est tentée depuis longtemps et profite du stand du club pour s'inscrire. Elle m'a converti à la plongée, moi je l'ai incitée au parachutisme....
Une anecdote qui m'a bien amusé: hier en revenant vers le bateau, Sarah m'interpelle et me dit: "François, tu fais partie des vieux?", Maud un peu génée l'interrompt: "Sarah, quand même...", j'éclate de rire mais çà en reste là. Ce matin, au petit déjeuner, Sarah revient sur son idée: "François, toi, tu fais partie des vieux?", alors en riant, je lui demande pourquoi et elle me répond: "Parce que tu as les cheveux blancs, et les vieux, quand ils ont les cheveux blancs, ils meurent." Logique enfantine qui m'a bien fait rire.

mardi 31 mai 2011

Découverte des richesses Guadeloupéennes

De 90Guadeloupe1
Lundi, tout le monde reprenant le chemin du travail ou de l'école, je prends la route de Grande Terre pour aller la visiter un peu plus profondément. Maud m'a conseillé de voir la distillerie Damoiseau et l'ancienne sucrerie de Beauport transformée en musée. Je rejoins Le Moule en prenant par les Grands Fonds. C'est l'intérieur des terres de Grande Terre. C'est une région très accidentée avec de nombreux petits vallons très verdoyants, très encaissés et aux flancs abruptes. C'est assez curieux et joli. A la distillerie, la visite est libre et les touristes se promènent au milieu des machines, cuves, tuyaux, alambiques, etc... La canne est broyée, pressée trois fois avant d'être mise en cuve à l'air libre pour une fermentation qui ne dure que 36 à 48h. La distillation se fait ensuite dans des alambiques ressemblant à des hauts fournaux de raffineries de pétrole. Il en sort un alcool à 90° assez parfumé. Le rhum blanc est ensuite obtenu par coupage avec de l'eau, le rhum vieux est obtenu par un vieillissement de trois ans minimum en fût de chêne. La visite se termine par une dégustation et bien sûr un achat.
Je vais ensuite à Beauport en traversant l'île, malheureusement le musée est fermé le lundi. Je vais faire un tour vers la dernière sucrerie de l'île: Gardel. Il n'y a pas de visite l'après-midi. Je rentre donc en faisant un crochet par la porte d'enfer, jolie petite crique battue par les vagues.
Le lendemain matin, après avoir déposé les filles à l'école, je file à la sucrerie Gardel. Je suis le seul visiteur, la guide me fait quand même faire le tour. Les cannes arrivent par semi-remorques, remorques de tracteurs ou par camionettes 404 peugeot et déversées sur une aire provisoire où les piques-boeuf s'en donnent à coeur joie. La visite est très intéressante. On voit comment des cannes ils tirent un jus qui va être épuré, filtré, évaporé, cuit, etc... pour en tirer un sucre roux naturel. Celui pour la consommation locale sera conditionné en dosettes de quelques grammes à des big-bags d'une tonne. Pour le plus gros de la production qui part en France, il part en vrac par bateau pour être afiné, et blanchi en arrivant en France. Le sucre roux d'europe, est un sucre blanc recoloré, ce n'est pas naturel.
Je file ensuite à Beauport où une ancienne sucrerie fermée depuis 1990 a été aménagée en musée de la canne. Les anciens bâtiments sont en piteux état, il n'y a pas grand-chose à voir, mais les panneaux explicatifs et l'audio-guide sont très bien faits et très instructifs. Cette visite complète très bien la visite de l'usine Gardel. Elle apporte le côté historique et le côté scientifique.
De 90Guadeloupe1
Je retourne ensuite à Pointe à Pitre car j'ai rendez-vous avec le médecin pour passer la visite d'aptitude à la plongée. Les maisons des villages traversés sont souvent en très mauvais état et reflètent l'histoire de la Guadeloupe. Ce sont souvent de petites maisons de bois à un niveau avec galerie devant. Elles abritaient les familles des ouvriers agricoles. Beaucoup tombent en ruine, mais il y en a encore beaucoup d'habitées. Elles gardent parfois un certain cachet. D'autres sont à deux étages avec galerie périphérique. Elles aussi sont souvent en très mauvais état. C'est bien dommage..
Le soir, comme c'est mon anniversaire, j'invite toute la petite famille au restaurant. Nous allons dans le restaurant de la Vieille Tour à Gosier. C'est le meilleur restaurant de l'île paraît-il. Ce fut en effet très fin et excellent. Au moment du dessert, ils m'offrent deux livres: un sur "les Antilles secrètes et insolites", magnifique, et un roman écrit par un guadeloupéen. Cela me touche beaucoup.
De 91fleurs de Guadeloupe
Aujourd'hui, mercredi 1°juin, premier jour de ma 63°année, je vais commencer ma formation à la plongée sous-marine. Comme j'ai rendez-vous à 12h30, après avoir déposé les filles au centre aéré du parc de Valombreuse, je prends le chemin côtier de Basse-Terre en direction de Deshaies. Il y a là un parc floral qui a appartenu à Coluche et qui est splendide. Les fleurs sont tellement belles, le jardin superbe que j'en oublie un peu l'heure, prenant moult photos des fleurs, plantes, oiseaux. Si le coeur vous en dit, vous pourrez les admirer en cliquant sur mon album à la rubrique: "91Fleurs de Guadeloupe". J'ai passé plus de 2h dans le parc. A midi, surpris par l'heure, j'accélère le pas et termine en queue de poisson la visite. Je vois bien le Paradis comme ce jardin, c'est tellement beau!
De 90Guadeloupe1
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De 90Guadeloupe1
Je prends ensuite rapidement le chemin du club de plongée et j'y arrive avec cinq minutes de retard. Comme nous ne sommes que deux, ils m'ont attendu. Je fais deux plongées dans la foulée, une à 12h30 et l'autre à 15h. Elles durent environ 40 minutes. On commence par quelques exercices: retrait et reprise de l'embout, retrait et vidage du masque, stabilisation, etc..., puis nous faisons de l'exploration. La première plongée est à 6m, la seconde à 12m. A la plongée de 15h, Cécile me rejoint car elle aussi passe son niveau 1. Pour celle-ci, nous sommes 8 sur le bateau avec deux moniteurs dont un pour nous deux. La première fois, j'ai un peu de mal à me stabiliser et à maîtriser mes évolutions, la seconde fois, c'est mieux. Au cours de l'exploration, nous naviguons au milieu des poissons, des coraux, des éponges... c'est magnifiques. Les couleurs et formes sont très variées, les poissons très divers et superbes. On se croirait dans un aquarium. Nous voyons une tortue endormie à 10 m de fond, une grosse langouste et deux murènes. Je suis enchanté par ce nouveau sport. Comme le club ferme dimanche soir et que je repars dans une semaine, je vais faire mon niveau 1 en trois jours. Je replonge donc demain et après-demain par deux fois chaque jour. Ce soir, je vais donc aller rejoindre Morphée en rêvant aux beautés de ce paradis terrestre....

dimanche 29 mai 2011

Premiers jours en Guadeloupe

Ce 24 mai, j’arrive à Pointe à Pitre à 17h30, il fait bon, voir frais dans l’avion. Dehors, le ciel est quelque peu nuageux, plus chargé que celui de France. Pourquoi quitter le soleil de France pour trouver la pluie dans les Caraïbes ? C’est mon goût des voyages et ma curiosité qui m’amènent ici. En sortant de la carlingue, une chape de plomb chaude et humide nous tombe sur les épaules, et en quelques minutes on se retrouve moite. Je suis accueilli à l’aéroport par mes neveux Vincent et Cécile. Après les embrassades, nous prenons la route vers Baie Mahault où Vincent et Maud se sont installés. Cécile est venue travailler quelques mois pour goûter à la vie Guadeloupéenne. En arrivant à la maison, je fais connaissance avec Margaux et Sarah, les deux charmantes poupées de Vincent et Maud. Elles sont mignonnes comme tout, Margaux semble très féminine alors que Sarah me fait l’effet d’un petit bouchon rebelle, un peu garçon manqué. Elles sont adorables. Je me dépêche d’ouvrir ma valise pour mettre rapidement au frais charcuterie et fromage que je leur ai rapporté et qui ravissent tout de suite les grands car ici, cela n’est que du domaine du rêve. Après le repas, c’est Vincent qui est plus fatigué que moi, malgré le décalage horaire. Il est vrai qu’il est 23h (5h pour moi) et qu’il se lève tous les matins à 4h.
Le matin, je m’installe tranquillement et remet en condition mon ordinateur afin d’en tirer le maximum durant mon périple. Cela fait plus d’un an et demi qu’il n’a pas vraiment tourné. Maud donne ses cours au collège, Cécile officie à la clinique vétérinaire et Vincent encadre au SMA. La maison est calme et il fait chaud. A midi, Vincent et Maud reviennent et nous partons manger dans un petit troquet guadeloupéen. La carte offre plusieurs spécialités de grillades : bœuf, poulet, darne de poisson, poissons entiers, etc….. Très appétissant, mais au moment de commander, il n’y a pas de bœuf, pas de darne de poisson, pas de poisson, et il ne reste que le poulet…
Après le repas, nous prenons une petite route très cabossée et accidentée pour grimper dans la montagne en direction des chutes du Carbet. Nous nous arrêtons en pleine forêt pour suivre une petite piste pénétrant la forêt luxuriante et atteignons le lit d’un torrent que nous remontons sur une centaine de mètres. Nous nous arrêtons au bord de trous d’eau. Dans l’un d’eux, il est presque difficile de s’y baigner l’eau est à près de quarante degrés. Dans le bassin voisin, l’eau paraît froide avec ses vingt cinq degrés environ et un troisième récupère ces deux eaux pour donner une température plus douce. De retour à la voiture nous sommes de nouveau moites, la chaleur est lourde et humide.
Le lendemain matin, jeudi, Maud ne travaillant pas, elle nous emmène Cécile et moi faire notre baptême de plongée sous-marine. Pour Cécile, ce n’est pas vraiment un baptême, c’est la seconde fois. Pour moi, c’est vraiment une première. Nous prenons la route de la traversée qui traverse la chaîne de montagnes de Basse-Terre. L’air est brumeux, nous distinguons difficilement le paysage. Un vent venant du Sahara, chargé de fines particules, traverse toutes les Antilles. La nature est luxuriante avec des arbres aux grandes et belles feuilles, les palmiers, les lianes, les fleurs… c’est la forêt vierge. Arrivés au club, Maud nous présente et nous nous inscrivons pour la sortie. Nous embarquons sur un petit bateau chargé de matériel de plongée. Maude se joint à un groupe de plongeurs expérimentés quant à Cécile et moi, nous sommes pris en main par un moniteur qui nous emmène l’un après l’autre faire un petit tour dans les profondeurs pour découvrir les beaux poissons et coraux qui peuplent le parc Coustaud. Nous pouvons admirer une multitude de poissons divers et colorés. Cette plongée me fait découvrir un nouveau sport que je ne connaissais pas et qui est bien agréable.
Le vendredi 27 est la commémoration de l’esclavage, c’est donc un jour férié. Cécile est de garde et reste à la maison. Vincent, Maud, les filles et moi partons faire le tour de la Grande Terre en commençant par la pointe de la Grande Vigie au nord de l’île, puis nous allons déjeuner et prendre un bain à la plage de la Porte d’Enfer. Nous longeons ensuite la mer jusqu’à la pointe des châteaux. La campagne est assez plane, couverte essentiellement de cannes à sucre. Nous traversons plusieurs villages aux maisons assez lépreuses. A la pointe des châteaux nous laissons les voitures pour monter au point de vue qui domine la pointe de la falaise. La vue est belle mais malheureusement un peu bouchée par la brume. A Saint François, les maisons sont plus belles et cossues, ont voit très nettement que nous sommes dans la zone huppée de l’île. Il y a un golf et un petit aérodrome avec de nombreux petits avions de tourisme. Sur le chemin du retour, à partir de Sainte Anne, nous rencontrons des bouchons jusqu’après Pointe à Pitre, on se croirait en région parisienne. C’est l’unique route qui draine toutes les plages.
Ce samedi matin, Vincent, Cécile et moi allons faire un tour à Pointe à Pitre en emmenant les filles. Nous faisons un tour aux marchés aux épices, aux fruits et légumes, aux poissons et aux fleurs. Ce sont des marchés colorés mais plus petits que les marchés de la Réunion. Etant devant la cathédrale, nous la visitons. C’est un bâtiment construit fin du 19°s, L’extérieur est en maçonnerie peint en jaune, l’intérieur est en structure métallique comme les marchés couverts. C’est assez curieux. Nous faisons ensuite un tour dans le centre ville. Les maisons au type colonial sont dans un état lamentable, délabrées, pas du tout entretenues, voir en ruine, c’est sale. C’est dommage car si un effort était fait pour les remettre en état, si les galeries étaient fleuries, cela pourrait être mignon.
De retour à Baie-Mahaut, nous récupérons Maud et partons sur Basse-Terre pour aller nous baigner au pied d’une cascade. Nous nous garons à l’entrée d’un chemin et nous enfonçons dans la forêt. Les plantes foisonnent, les fougères sont de véritables arbres, les cocotiers croulent sous les noix de coco laissées à l’abandon. Le sentier est envahi de racines qui permettent de monter ou descendre sans glisser. Nous atteignons le lit d’une rivière et tel des Indiana Jones, nous la remontons jusqu’à un bassin au pied d’une belle cascade. Il y a déjà des touristes qui profitent du coin. Nous pique-niquons puis nous mettons à l’eau. L’eau est fraîche mais bonne et claire. C’est vraiment très agréable. Un peu de fraîcheur fait beaucoup de bien. Nous y restons jusque vers 16h puis nous reprenons le chemin inverse.
Nous nous sommes couchés tôt car nous nous levons vers 1h30, 1h50. Des amis de Vincent et Maude nous rejoignent et nous partons pour le volcan de la Soufrière. Nous voulons assister au lever du soleil au sommet du volcan. Comme il est toujours dans les nuages, sauf parfois le matin, on espère avoir une éclaircie. En suivant une petite route très raide, nous atteignons le parking aux Bains Jaunes, au-dessus de St Claude. Nous empruntons un chemin empierré qui nous conduit au bout d’une heure et demie environ au sommet du volcan. Nous marchons à la lampe frontale car il fait nuit noire. Par moment nous avons des relents d’œuf pourri. Dans la deuxième moitié de l’ascension, nous traversons le nuage, l’air est plus frais et humide. Nous faisons une pause au refuge, et quand le jour se lève, nous rejoignons le sommet qui est tout proche. Nous nous promenons sur une zone désertique, très chahutée, au paysage lunaire et parsemé de cratères plus ou moins profonds. Nous entendons un jet de vapeurs soufrées qui jaillit des entrailles du volcan, mais avec le nuage, nous ne le voyons que par intermittence. Nous passons les barrières et nous approchons du cratère. Il n’est pas très profond, mais du fond, de plusieurs trous dans la roche, des jets de vapeurs sortent en grondant. Les vapeurs et les bords du cratère sont jaunâtres, chargés de souffre. Le jour se lève, mais les nuages nous entourent et ne semblent pas vouloir se dissiper. Au bout d’un moment, n’ayant aucune visibilité, un peu déçu, nous prenons le chemin du retour. A mi chemin de la descente, le sommet semble un peu plus dégagé, mais l’est-il en réalité ? Ce sont les touristes que l’on croise qui le verront, mais ils prendront peut-être la pluie que l’on verra plus tard. La nature est belle la palette de couleurs étendue. Les ananas sauvages mettent une couleur rouge dans ce paysage vert, jaune et blanc aux teintes multiples. De retour aux Bains Jaunes, nous nous plongeons dans le bassin d’eau chaude qui est là ? L’eau est douce, chaude et claire. C’est très agréable après cette promenade. Mais au moment de sortir de l’eau, la fraîcheur de l’air nous saisit.
Au retour, le reste de la journée sera calme et repos. Il faut bien récupérer de la nuit courte !

dimanche 15 mai 2011

Fin de mon périple

Je devrais dire plutôt "fin provisoire". En effet, voilà maintenant dix mois que j'ai arrêté, ou plus exactement: que j'ai dû arrêter. Depuis plusieurs semaines, j'avais une gêne douloureuse en bas du ventre et en fin de journée, une grosseur assez conséquente. A Salons, j'ai consulté un médecin qui a diagnostiqué une hernie crurale qui nécessitait une opération (elle faisait 6cm). Il m'a vivement conseillé de m'arrêter et de rentrer chez moi pour me faire opérer. J'ai donc continué jusqu'à Cotignac et ai profité de la voiture de mes amis venus de Besançon pour rentrer. Je n'ai pas pris le temps de mettre à jour mon site tout de suite, d'abord parce qu'il m'a fallu une semaine pour "atterrir", retrouver mes marques, puis je suis reparti dans le tourbillon de la vie quotidienne qui m'a un peu fait oublier la mise à jour de mes récits. A la veille de repartir, je tiens quand même à le faire.

Mais revenons à l'endroit où je me suis arrêté, c'est à dire à Arles. Après une bonne nuit de repos, je commence ma journée en mettant à jour mon blog: Annie très gentiment m'a prêté son ordinateur. A midi, je vais en ville prendre un casse-croûte sur la petite place voisine, puis je vais visiter les monuments. Arles détient plusieurs vestiges romains en bon état de conservation ou bien restaurés. Je commence par les thermes de Constatin, puis je fais le tour du musée Picasso qui est dans un beau bâtiment, les arênes retiennent un moment mon attention car elles sont très grandes et belles. Un passage par l'amphitéâtre avant de visiter le cloître de St Trophime, puis je descends voir les crypto-portiques. C'est un ensemble très curieux de portiques construits par les romains pour supporter le forum et compenser le dénivellé du terrain. Après un petit tour dans l'espace Van Gogh, je me dirige vers les allées des Alyscamps et la chapelle St Honorat qui est le point de départ du chemin d'Arles. Lieu mythique immortalisé par Van Gogh. Je rentre vers 18h30, fatigué mais content de ma visite. Je trouve Annie en plein ouvrage de broderie, elle réalise des travaux magnifiques. Après avoir bavardé un moment avec elle, je prépare les trajets de mes deux journées suivantes. Annie est une excellente cuisinière, elle a préparé un succulent repas. Au cours du dîner nous avons des échanges et partages très profonds et sympathiques.
Après une très bonne nuit, je prends la route vers 8h à travers les rues d'Arles en direction de l'abbaye de Montmajour. C'est un ensemble magnifique. Je n'ai pas pu la visiter car elle n'était pas encore ouverte et je n'aurais probablement pas eu le temps d'en profiter vraiment. Vu la taille et la richesse apparente des bâtiments, on devine que ce devait être une abbaye très importante. Annie m'a parlé d'un hébergement à Mouriès, mais je n'en suis pas sûr, je trace donc sur une petite route très peu fréquentée. Je croise deux pélerins. Mon chemin coupe le tracé d'un acqueduc romain. A Paradou, pendant mon casse-croûte, j'appelle Mouriès sans succés Finalement je tombe après plusieurs appels sur une personne qui ne s'en occupe plus mais qui me donne les coordonnées d'un autre contact. Je tombe sur un répondeur. Je reprends le chemin et arrive finalement à Mouriès. Sur la porte du presbytère, je trouve les coordonnées de plusieurs contacts. Je passe plus de dix appels différents pour enfin tomber sur le diacre qui vient m'ouvrir...... la salle de cathé! pas de lit, pas de réchaud, rien....En fait, il n'y a pas de gîte! Comme il est trop tard pour que je reprenne la route, je m'en contente. Le diacre va me chercher un lit picot. La douche (froide) et le lavabo sont dans la cour. Après une douche bénéfique mais très rapide, je fais ma lessive comme d'habitude, mets à jour mes notes, prépare des itinéraires futurs puis vais prendre un repas dans un restaurant voisin. Lors de mon passage à Salvetat, Isabelle de Toulouse m'avait donné les coordonnées d'Yves Deroubaix de Salons, responsable de l'association Jacquaire locale. Je l'appelle pour trouver un gîte pour le lendemain et le rencontrer pour faire le point des gîtes futurs. Je tombe sur son épouse, membre aussi de l'association. Etant absents le soir, elle me propose de me trouver un gîte et de me rencontrer dans l'après-midi. Le lit picot étant assez dur, ma nuit est moyenne.
Je pars de bonne heure en prenant le chemin au plus court, ce sont de petites routes. Quand je passe à Cure-Bourse, je me rappelle que des cousins éloignés y vivent, mais je n'ai pas leur adresse et je ne me souviens plus où c'est. J'y étais venu il y a .... 36 ans! J'avise un conducteur du coin mais il ne connait pas tout le monde. Il ne peut me renseigner. Je continue donc jusqu'à Salons. Je m'arrête dans un jardin dans le centre ville pour manger mon sandwich. J'appelle Yves Deroubaix et je tombe sur sa femme, Michèle, qui me donne son adresse. Je la rejoins. Elle m'accueille très chaleureusement dans une superbe maison bâtie au pied d'un rocher avec une piscine en angle. Elle me donne une liste d'adresses pour les hébergements futurs. Je lui demande alors où est l'hôpital. Comme elle me demande pourquoi, je lui parle sommairement de ma gêne douloureuse dans le ventre, elle m'annonce alors que son mari est médecin et qu'il peut très bien m'ausculter. Elle est elle-même infirmière. Je ne pouvais pas mieux tomber! Au lieu de perdre mon temps aux urgences de l'hôpital j'accepte volontiers l'idée. Je lui explique un peu plus en détail mon problème, elle diagnostique une hernie, ce que je crégnais. Comme son mari n'est pas là et qu'elle l'attend, elle me propose de prendre une douche et de me baigner dans la piscine. Je prends une douche et quand je commence à laver mon linge, elle me le prends pour le laver en machine. A l'arrivée d'Yves, je lui explique mon problème, il m'examine et confirme la hernie. Il me conseille alors vivement de m'arrêter et de rentrer me faire opérer. Il accepte que je continue et fasse Cotignac, mais avec prudence. Ils m'invitent ensuite à partager leur repas. Nos échanges sont très sympathiques, intéressants et profonds. Nous parlons entre autre du chemin et de leurs engagements dans la région, de leur chaîne d'accueil. Après une baignade, ils me font visiter leur maison puis Michèle m'emmène chez Maurice qui m'hébergera ce soir. Son accueil est très sympathique, nos échanges intéressants, mais si Michèle et Yves étaient intéressés par le côté foi du Chemin, ce n'est pas le cas de Maurice. Il me montre sur Google le tracé du chemin. Je le relève sur mon GPS. La nuit est très bonne et réparatrice.

Après le petit-déjeuner, Maurice m'accompagne jusqu'à la sortie de la ville pour me mettre sur le chemin. Lors de la traversée, il me montre un peu le coeur de la vieille ville. Nous marchons d'un bon pas et il me quitte à l'entrée de la Via Aurélia, après l'autoroute. Je passe devant une borne milliaire. Le chemin est tout droit, il suit une ancienne voie romaine. A partir d'Eguille, je suis un chemin forestier ombragé et agréable en ce temps chaud. A l'entrée d'Aix, j'appelle Daniel qui, prévenu par Michèle, me donne son adresse, c'est à moins d'un kilomètre. Quand j'arrive chez lui, il n'est pas là, il est à un enterrement. Un maçon et ami qui travaille chez lui m'ouvre et m'installe. Douche, lessive et repos. A son arrivée, Daniel m'emmène faire tamponner la crédanciale à la paroisse puis me fait faire un tour rapide de la vieille ville et me fait voir en particulier la cathédrale. Ma visite est rapide car il y a une messe, mais j'ai un rapide aperçu. Elle est très curieuse et superbe. Il y a un très beau baptistère. il faudra que je revienne la visiter en détail avec mon appareil photo, je l'avais laissé à la maison. Retour à la maison, apéros, repas bien arrosé, longue discussion sur le Chemin, l'Eglise, les prêtres.... A 22h30, je monte me coucher. La nuit est un peu difficile car le lit est court et le matelas un peu fatigué.
Daniel m'a gentiment préparé un casse-croûte pour la route. Avec son épouse, il m'ammène à la sortie d'Aix et laisse au bord de la route. Comme je n'arrive pas à joindre le gîte de Pourrière, je décide de ne pas y passer et de tracer jusqu'à St Maximin (39km). Je prends au plus court par la N7, je la quitte à Chateauneuf le Rouge pour suivre un charmant petit vallon. Je passe devant la stèle de Marius Caïus (ou plutôt le socle de...). Mais très rapidement je retrouve la N7. Arrivé à 16h45 à St Maximin, je vais visiter la cathédrale, très belle avec de belles stalles et le tombeau de Ste Marie-Madeleine, III° tombeau de la chrétienté.
Daniel avait appelé l'Office du Tourisme qui lui avait donné les coordonnées d'une chambre d'hôtes faisant un prix pour les pélerins. Je l'ai appelée à midi pour réserver. Comme c'est à 3.5km de St Maximin et compliqué pour y accéder, Isabelle l'hôtesse vient me chercher devant la cathédrale. Elle m'installe dans une jolie maison au milieu des bois. Comme elle va au spectacle de fin d'année de son fils, elle ne fait pas le dîner ce soir-là. Après la douche et la lessive, je repars donc à pied vers St Maximin. Au bout d'un kilomètre une voiture me prend et me dépose au centre ville. Je repère un restaurant vietnamien où je prends un excellent repas, avec des baguettes, ce qui me fait penser à mon amie malaisienne. Le repas à peine terminé, Isabelle m'appelle pour me proposer de venir me chercher. Elle me ramène donc au logis où je fais la connaissance d'un couple d'Italiens très sympathiques en vacances dans le gîte contigüe. Je me couche et passe une bonne nuit bien réparatrice.
Debout à 7h30, je prends un copieux petit-déjeuner avec Isabelle, très chaleureuse, qui m'interroge sur les motivations de mon pélerinage. Je lui porte témoignage sur ma conversion à La Salette et les dons reçus à Cotignac. Ce fut un moment de partage très profond, elle est touchée par cet échange.
Je pars ensuite en direction de St Maximin où je visite le cloître du couvent Royal et refais un tour de la cathédrale et prends un repas dans un restaurant sur le cours. Je fais ensuite les courses pour le pélerinage des pères de familles du week-end. Mon sac est bien rempli et plus lourd. Je prends la route pour Bras où je dois retrouver mes amis de Besançon. Comme il n'y a que 9km, je fais la route tranquillement d'autant qu'il fait très chaud. Depuis que j'ai quitté le sud-ouest, il fait chaud et c'est plus pénible de marcher. D'ailleurs, depuis St Gilles, je marche en sandales et ma foi, c'est très agréable. A un moment, trouvant une pieere à l'ombre je m'arrête et m'assoie.... Je bondis rapidement: je me suis assis sur une fourmillière de grosses fourmis rouges qui m'attaquent de partout et me mordent partout: cuisses, bras, cou..... Je me brosse rapidement pour tout enlever et je repars. Je m'arrête durant une heure dans un bar à Bras. Je fais un passage à l'épicerie pour acheter quelques fruits frais puis prends le chemin du bivouac. Le ciel est menaçant et sur la météo ils annoncent des averses orageuses, j'hésite entre continuer et chercher un local paroissial. Comme le gros nuage s'éloigne vers l'Est, je continue et quitte le village. A 750m du village, de grosses gouttes se mettent à tomber. Je fais tout de suite demi-tour mmais très vite cela se transforme en violente averse. Je m'arrête quelques minutes sous un arbre pour mettre la protection sur le sac, moi je suis déjà trempé. Je cours vers un abri bus peu étanche où j'attends la fin de l'orage. Quand cela se calme un peu, je reviens au coeur du village. J'avise un couple de personnes agées abritées dans l'entrée de leur garage. je leur demande s'il y a un local paroissial. Elles me répondent par l'affirmative et m'indiquent la personne qui s'en occupe. Heureusement elle est chez elle. Elle me répond que la salle n'est pas en état, mais je demande à la voir. Elle m'y emmène par l'église à laquelle elle est contigüe. Le local est vétuste, mais c'est mieux que la pluie et le sol détrempé. Je le prends et j'appelle Pierre pour le prévenir du changement puis j'ouvre la fenêtre et fais un peu le ménage. Je prépare ensuite mon sac pour laisser dans la voiture les choses inutiles pour les deux jours à venir. Je mets mon tee-shirt à sécher puis je vais commander une pizza pour le soir. Je profite de la sortie de la ventilation de la pizzeria pour me réchauffer et me sécher.
Quand arrive la voiture, ce sont des retrouvailles émues avec Pierre et Jean-louis. Nous tombons dans les bras les uns des autres: j'avais tenu mon engagement de les retrouver là, sur le chemin du retour pour marcher avec eux vers Cotignac. Nous prenons un repas copieux, célébrons complies puis nous nous couchons. J'avais trouvé un matelas pour Jean-Louis, mais il n'en a pas voulu, je l'ai donc récupéré ce qui fait que c'est un peu moins dur que le sol.
Après une nuit courte, nous prenons le chemin de Gigery, 30km dans la garrigue. A Brue Auriac, nous retouvons une paroissienne qui nous attend pour la messe à la chapelle du cimetière. Il fait chaud et Jean-Louis peine, il a quand même 71 ans! Je lui prête mes bâtons pour qu'il essaie. Cela semble bien l'aider car il les gardera durant les deux jours. Quand à moi, je me rends compte que je ne peux plus marcher sans les bâtons, je rame! Mais avec l'entraînement, 3500km quand même, je trotte comme un lapin. Comme il y a eu beaucoup de coupes avant Gigery, on se trompe un peu. Heureusement, mon GPS me permet de corriger rapidement la trajectoire.
Arrivé à Gigery, comme d'habitude, nous prenons notre douche froide sous le tuyau d'arrosage, cela fait beaucoup de bien par cette chaleur, puis lessive, repas, complies et couchage dans mon hamac tendu entre deux oliviers. La nuit est très fraîche.
Le lendemain nous reprenons le chemin traditionnel, mais à Ponteves Pierre est obligé d'arrêter, il a mal à la hanche et craint pour ses pieds. Jean-Louis qui la veille pensait arrêter décide de continuer. Avec Serge, nous montons d'une traite le Bésillon en 45 minutes. Marc nous rejoint 15 minutes après en disant que Jean-Louis peine et qu'il l'a laissé il y a une demie-heure pour une pause de 10 minutes. Je redescends donc à sa rencontre pour lui prendre son sac, mais au bout de 700m, je le trouve montant hardiment avec les bâtons. Il a regagné 10 minutes sur Marc. Nous faisons une bonne pause au col, puis nous redescendons sur notre lieu habituel de pique-nique où, à l'ombre des pins nous restons 2h30 pour un casse-croûte et une sieste. Nous repartons ensuite vers le monastère St Joseph où nous retrouvons Pierre qui a récupéré la voiture à Bras. Il nous prend les sacs et nous continuons sur Cotignac où, après un passage à la basilique, nous installons notre bivouac sous les arbres en contrebas du sanctuaire. Le soir, la messe nous réunit avec les autres pélerins de plus en plus nombreux. Après un repas frugal, nous rejoignons la basilique pour la veillée puis l'adoration nocturne, confessions, méditation. Moment profond que j'apprécie particulièrement depuis que je viens là, compte tenu des grâces que j'y ai reçues.
Le lendemain matin certains se rendent au sanctuaire St Joseph, d'autres restent, j'en suis. Puis nous participons à une belle messe avec les familles qui nous ont rejoints. Après un casse-croûte rapide nous reprenons la route vers Besançon. Cela me fait tout drôle de rentrer.

Je mets à peu près huit jours pour atterrir, retrouver mes habitudes. Je suis un peu "satellisé". Au cours du Chemin, j'ai rencontré des pélerins qui faisaient le Chemin pour la cinquième, vers huitième fois. Je me disais: "ho, je l'ai fait une fois, je ne le referai pas". Voilà maintenant dix mois que je suis rentré, mon emploi du temps était bien rempli, je ne me suis pas ennuyé, au contraire, j'ai goûté chaque instant, chaque rencontre, mais chaque jour j'ai revu des images de mon Chemin, j'ai repensé à des rencontres, des moments vécus, des paysages .... Je repartirai! Et déjà, cette année, entre août et novembre, je trouverai quelques jours pour finir ce que je n'ai pas fait: de Cotignac à Besançon en passant par ND du Laus et La Salette. Ce sera certainement en septembre. Mais c'est sûr, je le ferai cette année, à moins d'un empêchement indépendant de ma volonté.

samedi 26 juin 2010

De Palavas à Arles

Bien reposé, je repars le mercredi en suivant le canal du Rhône à Sête. Le chemin est tout droit, un peu monotone, mais j'ai la chance de voir quelques pélicans entre Palavas et Carnon. J'arrive vers 16h45 à Gallargue le Monteux. Un couple de pèlerins est déjà arrivé. Nous sommes chaleureusement accueillis par Isabelle, une femme pétillante, pleine de vie et battante. Nous allons dîner tous ensemble dans un petit restaurant. Le gîte est installé dans l'ancienne école maternelle.
Le lendemain, je reprends le chemin, mais comme souvent, je ne suis pas toujours le GR et coupe au plus court quand c'est possible. Je traverse une région couverte de vignes et de vergers. Sous quelques abricotiers je récupère de beaux abricots bien mûrs gorgés de jus et de soleil. Je dois un peu les disputer aux fourmis, mais je me régale. J'arrive ainsi à St Gilles, à la "Pause du Pèlerin" qui m'a été chaudement recommandée par Isabelle. Jacky m'y accueille très gentiment et me donne une confortable petite chambre avec douche face à la basilique. Après la douche et la lessive, je pars faire un tour dans ce joli village médiéval en commençant par la basilique car elle ferme à 18h. A la fin de ma visite, ils ferment, mais plusieurs personnes se dirigent vers la crypte: j'apprends qu'il va y avoir une messe. J'en profite et je reste. La basilique est très belle, sa façade magnifique et la crypte est immense.
Au repas du soir, nous sommes huit, Jacky, deux canadiennes pèlerines, deux hospitaliers belges et leur fils handicapé par la sclérose en plaque, et une autre hospitalière de Nîmes. Le repas est très détendu et sympathique.
Après une bonne nuit, je repars tranquillement car aujourd'hui, je n'ai qu'une petite étape d'une vingtaine de kilomètres. Je suis le chemin qui longe la route à travers les rizières. Je découvre un peu le travail des paysans avec des tracteurs aux roues métalliques ressemblant à des lames de scies circulaires. Arrivant vers 13h à Arles, je m'arrête dans un petit restaurant sandwicherie "autrement". Je prends un sandwich à la tapenade, salade, tomates, jambon et une salade de pâtes, puis un dessert au fromage blanc. M'asseyant à la table de Pascal, nous bavardons un moment. Il m'avait dit en arrivant que c'était une bonne adresse. Je me suis régalé. Au moment de repartir, comme je cherchais un cybercafé pour imprimer un document, il m'invite gentiment à aller chez lui, à deux pas, pour le faire. Après l'avoir quitté, je me dirige vers l'office du tourisme pour me mettre en quête d'un hébergement. Je passe à la poste pour expédier un document, puis je m'installe dans le parc en face afin de passer quelques coups de téléphone. Marie-Claude mon ancienne secrétaire a essayé de me joindre plusieurs fois. Je l'appelle et je l'ai un bon moment au téléphone ainsi que Martial le chef d'atelier. Ils me racontent leurs déboires, comment cela se passe à l'entreprise. C'est la catastrophe! Il y a un peu de reprise d'activité, mais il va y avoir deux licenciements: Marie-Claude et un métallier qui a été embauché au début de l'année. L'ambiance est épouvantable. Les nouveaux patrons ne sont pas à la hauteur et font de nombreuses erreurs de management. Je suis vraiment désolé que cela se passe ainsi.
Après cet échange qui dure un bon moment, je recherche un logement pour la nuit. C'est Annie, dans la vieille ville qui m'accueille. Il y a déjà deux autres pèlerins, Rémi et Sylvie, deux canadiens du Québec. Nous dînons tous ensemble, Annie nous a préparé un excellent repas avec des spécialités de la région et les discussions sont très sympathiques. Nous échangeons nos adresses au cas où. Me voilà avec de nouveaux contacts au Canada. Je sens que je vais y aller l'an prochain!
Comme j'ai un peu d'avance sur mon calendrier, je décide de rester un jour ici afin de visiter la ville et de recadrer mon planning.

dimanche 20 juin 2010

En route vers Montpellier

Après un très bon week-end passé avec mon frère Bernard et Dany son épouse, je reprends le chemin lundi 14 juin au matin. Le temps est couvert et bruineux. Dany m'accompagne jusqu'au bout de leur chemin puis je suis la route jusqu'à Avignonnet de Lauragais. Comme il n'y a aucun commerce là ni par la suite, j'achète un casse-croûte à la boulangerie. En coupant le chemin le long de la Rigole, je constate que le chemin est très boueux. Je reste donc sur les petites routes. A midi, je mange mon casse-croûte dans un abri bus, seul abri rencontré sur le chemin. Il pleut sans cesse. J'arrive à Revel vers 14h15 et j'appelle Cécile, une nièce, qui est vétérinaire dans ce village, mais je tombe sur son répondeur. Je continue donc en direction de l'abbaye d'En Calcat. Revel a été inondée la veille et l'on en voit les traces un peu partout dans la ville basse. Il y a eu jusqu'à un mètre d'eau par endroit. Je continue ma route, la pluie est de plus en plus dense et j'arrive trempé à l'abbaye. Cela ne m'a pas empêché, peu avant l'arrivée, de cueillir des cerises sur des cerisiers qui bordent la route. Elles étaient délicieuses. Mouillé pour mouillé, je me suis régalé. Je suis accueilli "gentiment" par un frère, mais un peu froid: comme je n'avais pas réservé, il m'installe dans le local d'accueil où il y a déjà deux routards d'installés. L'un des deux, ayant subi une expulsion et vivant "la route" par force, il est un peu privilégié par les moines et mange avec eux. Moi, pélerin, je reste avec le deuxième routard. Il est gentil, pas mauvais bougre, mais je ne comprends pas tout ce qu'il me dit car il mange tous ses mots. Il fait la route depuis 20ans à travers toute la France. Il me fait des commentaires sur les accueils des divers gîtes d'accueil en France. Il pourrait faire un guide du "routard" des accueils en France. Il pratique beaucoup les abbayes et monastères. Après le repas, ayant appris par hasard que je suis allergique à la fumée de cigarette, le frère m'installe dans une chambre à l'hôtellerie. L'accueil change! Je suis maintenant mieux accueilli. Après les complies, superbes, chantées par une cinquantaine de moines, je monte me coucher.
Le lendemain, je pars sous un ciel couvert et menaçant, mais je n'aurai pas de pluie de la journée. Je passe à Castres où je prends un menu dans un restaurant rapide, puis j'attaque la Montagne Noire. C'est beau et sauvage, cela fait penser au Morvan ou aux Vosges. Arrivant vers 17h à Boissezon, j'attends un peu Muriel qui vient m'ouvrir le gîte. Nous bavardons un moment sur le village perdu au creux de la vallée très encaissée. Il n'y a que 200 habitants, pas d'économie locale, mais les habitants se battent pour maintenir la vie et une vie de village. Tous font plusieurs choses dans ce but. L'épicière ouvre son magasin de 18 à 19h après avoir fermé la crêche qu'elle tient. Le gîte est beau, propre, bien aménagé.
Il pleut toute la nuit et au matin, je pars sous un ciel très bas et une pluie continue. Au fur et à mesure que je monte dans la montagne, je m'enfonce dans les nuages. La forêt est noire, la Montagne Noire porte bien sont nom. C'est beau et sauvage. Comme il pleut sans cesse et que mes chaussures qui ont près de 2000km ne sont plus étanches, j'ai rapidement les pieds trempés. A un moment, dans la brume j'aperçois une biche qui broute des feuilles d'arbre. Avec la pluie dans les feuillages, elle ne m'a pas entendu. Je peux ainsi m'approcher sans bruit jusqu'à moins de 50m. Elle me voit et se sauve. Dans la brume, c'était féérique. Avec mon GPS, je modifie mon itinéraire et prends des petites routes pour couper au court et aller au plus vite. Dans l'après-midi, le temps s'améliore peu à peu. J'appelle l'office du tourisme de Salvetat pour bénéficier du gîte municipal. Malheureusement l'OT est fermé exceptionnellement ce jour-là! Comme je ne sais pas si je trouverai les clés du gîte et que juste avant Salvetat il y a une auberge qui fait l'accueil des pélerins, je m'y arrête.
Le lendemain 17 juin, je pars de bonne heure par beau temps. Je traverse Salvetat, joli petit village perché sur un promontoire au-dessus de l'Agout. La région est très belle, très accidentée et boisée, sauvage. C'est magnifique. Le chemin d'Arles est très beau mais plus difficile que celui du Puy car plus accidenté. Grâce à mon GPS, je ne suis pas toujours le GR, je coupe à travers bois et rejoint Villelongue, un petit village au bord du lac de Lauzas. Je longe ce lac encaissé. C'est très beau. A Candoubre, je bifurque et monte sur le plateau, évitant Murat sur Vèbre et tous les zigzags qui suivent. Je passe au pied de plusieurs éoliennes et rejoint le chemin vers Ginestet. Ce raccourci me fait gagner près de 4 ou 5km! La redescente dans la vallée de la Mare est belle et j'arrive à Castanet le Haut, un joli petit village blotti en fond de vallon. En suivant le tracé d'une ancienne voie ferrée puis la route, j'arrive à St Gervais sur Mare chez Mr Bras où sont déjà trois autres pélerins. Après une soirée sympathique, j'apprécie le lit après cette longue journée en montagne (48km!).
Comme je veux arriver rapidement à Montpellier afin de passer deux jours avec ma soeur Odile avant qu'elle ne s'absente, je prends des raccourcis. Entre St Gervais et Lodève, mon tracé me fait gagner 15km tout en passant par des coins magnifiques, de jolis villages fortifiés et des montagnes dominant les vallées. Aujourd'hui, la vue porte si loin que je vois la mer méditerranée. En passant sous quelques beaux cerisiers, je maraude un peu et me régale des fruits gorgés de soleil. Aujourd'hui il fait très beau et chaud. La descente sur Lodève est belle et je m'arrête au hameau de Belbezet chez des gens très sympathique, très portés sur l'écologie, le relationnel. Ils me font goûter la spiruline fraîche, c'est bon!
Le lendemain samedi, je descends sur Lodève, traverse la vieille ville en faisant un tour dans les vieux quartiers, puis m'enfile sur le chemin qui remonte sur le coteau opposé. Là je suis le chemin, je n'ai pas trop le choix car le terrain est très accidenté. Avant d'arriver à Arboras, je croise Jean-Charles et Mathilde de la Drome et qui viennent de commencer le chemin. Ils sont assez surpris par ma cadence. Nous bavardons un petit moment bien sympathique. Après Arboras, je m'enfile dans la montagne, passant par des sites avec des traces datant du néolithique. L'arrivée sur St Guilhem le Désert est saisissant: on arrive en haut du cirque de l'Infernet. La vue est magnifique, les parois abruptes. J'ai accéléré mon rythme et vais au petit trot car le temps est menaçant, le ciel orageux. La descente sur St Guilhem est très belle et j'arrive dans un joli village moyenageux aux rues étroites et bien entretenues. C'est très beau. De nombreux touristes sillonnent le village, photographiant les vieilles pierres pleines de cachet. L'abbaye étant complète, je me rend au gîte de la Tour où je suis le premier pélerin. Une Polonaise Suisse m'y rejoindra dans la soirée. Après la douche et la lessive, je vais faire un tour pour visiter le village et dîner dans un petit restaurant. Quand je reviens au gîte, la pluie s'est mise à tomber.
Le lendemain dimanche, comme je n'ai que 30km pour aller à Montpellier, je commence par aller faire un tour à l'abbatiale. Romane, bien restaurée, elle est magnifique. Comme j'arrive au moment des laudes, j'en profite et participe à l'office. Je visite ensuite le cloître avant de repartir. La messe étant à 11h00, je pars sur la route espérant trouver une messe sur mon chemin. Malheureusement, avec la désertification, je n'en trouverai aucune. Le chemin suit la vallée de l'Hérault jusqu'à St Jean de Fos avec le pont du diable, puis jusqu'à Aniane que je traverse. Le chemin s'enfonce un moment dans le bois parallèlement à la route. Quand il emprunte la route à travers bois, j'y suis depuis 5 minutes quand une voiture qui me croise klaxonne. Je me retourne, c'est un bourguignon (21)! Tiens, un pélerin qui m'aurait reconnu? Quand je m'approche, j'ai la surprise de voir mon cousin Jean-Paul au volant. Comme il est dans la région, il loge chez ma soeur Odile et lui a proposé de me récupérer à Montpellier. Il m'a laissé un message sur mon portable. Comme je ne l'ai pas allumé, je ne le savais pas. En attendant mon appel, il est venu à ma rencontre au cas où. A cinq minutes près, nous nous serions manqués car j'étais dans les bois. Il me ramène à Palavas où Odile et Jean-Louis accueillent des amis à déjeuner. Comme il y a quelques restes, Odile me prépare une belle assiette à laquelle je fais honneur. Dans l'après-midi nous allons faire un tour sur le canal assister aux joutes nautiques.
Je passe deux jours à Palavas, passant de bons moments avec ma soeur et mon beau-frère: promenade, visite de la cathédrale de Maguelone, fête de la musique à Palavas et Montpellier, théâtre.... J'en profite pour préparer les étapes suivantes.

dimanche 13 juin 2010

De Lourdes à Toulouse et Pechauriol

Après un aller et retour éclair en Franche Comté et Bourgogne pour des questions administratives, me voilà de retour vers 13h au gîte de la Ruche à Lourdes le 31 mai, jour de mon anniversaire. Avec son habituel sens de l'accueil, Jean-Louis s'inquiète tout de suite de savoir si j'ai déjeuné. Comme je lui réponds par la négative, il s'empresse de me proposer une bonne soupe et une grillade. J'avais l'intention de prendre un casse-croûte en ville en faisant quelques courses après avoir déposé mon sac au gîte. Je passe donc un moment avec lui et un autre pélerin, puis je me rends en ville. Mes emplettes faites, je vais au sanctuaire faire un tour à la grotte et assister à la messe de 18h30. Je rejoins ensuite le gîte où d'autres pélerins sont arrivés. Après le repas, pendant la procession aux flambeaux, je vais une dernière fois me recueillir à la grotte où je renouvelle mes intentions dont certaines bien particulières qui me tiennent à coeur.
Après une bonne nuit de repos, je reprends le camino en suivant le chemin de Bernadette qui passe par Bartrès où se trouve la maison de sa nourrice. Le chemin est beau et coupe collines et vallées souvent boisées. Quand le paysage est dégagé, j'ai une jolie vue sur les Pyrénées enneigées. Je teste le ressemelage de mes chaussures et les nouvelles semelles intérieures. Ce n'est pas top. Le ressemelage est un peu trop épais ce qui fait que mes pieds ont tendance à glisser vers l'avant, et il y a un léger décalage au pied droit. C'est infime, mais je le sens. Quant aux semelles intérieures, elles sont un peu trop épaisses et en fin de journée, je sens que mes doigts de pied sont coincés. A la mi-journée, je mets les nouvelles sandales pour les tester aussi. Ce n'est pas mal, mais je marche moins bien qu'avec les chaussures. J'arrive ainsi à l'abbaye de Tarasteix. Bien que n'ayant pas prévenu, je suis bien accueilli. C'est un peu la "cour des miracles". C'est une abbaye qui a été crée fin du XIX° par un juif allemand converti qui est entré dans les ordres après un miracle à Lourdes le guérissant de la cécité. Celui-ci étant décédé rapidement, avant la reconnaissance par Rome de son ordre, l'abbaye a vite été abandonnée et tombait en ruines. Il y a 35 ans, le père Mercier, père blanc vicaire puis curé de la cathédrale de Djibouti a dû rentrer en France car les autorités ne pouvaient plus assurer sa sécurité. Comme c'est un inconditionnel de la messe en latin, il n'a pas trouvé sa place en France. Cette abbaye en ruine lui a été donnée. Il s'y est installé avec ses parents et son frère, et en 35 ans, ils l'ont peu à peu remise en état, construit une nouvelle chapelle avec un clocher, un cloître, etc... L'ont rejoint quelques personnes laïques seules, un peu "paumées" qui bénéficient du gîte et du couvert en échange de travaux et services dans l'abbaye. Ils sont quatre auxquelles viennent se rajouter quatre personnes légèrement handicapées mentales confiées par l'administration. Ils vivent de l'accueil des pélerins ou visiteurs et de dons. Tout cela donne une ambiance un peu particulière et curieuse, hors du temps. Les deux pélerins qui sont arrivés en même temps que moi ont éprouvé la même impression. Je m'installe, prends ma douche et rejoins ce petit monde à la chapelle pour le chapelet avec le père qui vient d'arriver. Avec ses lunettes d'écaille rondes et cette ambiance, on se croirait en 1950. Le repas est pris en commun.
Après une bonne nuit paisible, je reprends le chemin à travers bois, crêtes et vallons verdoyants en direction de Monlezun. Comme je dois faire un aller et retour sur Paris ce week end pour la communion de ma petite fille Aude, il faut que je rejoigne Auch jeudi soir d'où je peux prendre un car puis un train. Sur le chemin auparavant, il n'y a rien. Mes étapes seront donc longues. Au passage, je découvre des artistes peignant une scène champêtre sur un château d'eau. Le tableau couvre tout le bâtiment. Le résultat devrait être assez réussi, vu l'état d'avancement. A Monlezun, je trouve refuge chez une ancienne paysanne qui accueille les pélerins chez elle depuis plus de vingt ans. Très gentille, aux petits soins pour ses hôtes, elle vient me chercher à l'église de Monlezun et m'installe dans une chambre très confortable avant de me préparer un excellent repas très copieux. Elle se désole de me voir laisser une partie des plats alors que j'ai bon appétit et que je suis repu. Très heureuse de bavarder, elle me raconte sa vie et ses déboires avec ses locataires.
Le lendemain jeudi, en passant à l'Isle de Noé, je rentre chez un cordonnier pour faire rectifier les talons de mes chaussures, j'ai attrappé une ampoule sur le côté du pied droit. Malgré son scepticisme, il fait ce que je lui demande et le résultat s'avère satisfaisant à gauche, mais à droite, il faudra que je fasse la même chose à Auch avant d'être de nouveau bien dans mes chaussures. L'étape est longue et j'ai prévenu ma nièce Marion chez qui je ferai étape que je ne devrais pas arriver avant 19h. Une dizaine de kilomètre avant Auch, fatigué, chagriné par ma chaussure droite et trouvant que 19h c'est tard, je décide de faire un peu de stop. Je suis rapidement pris par des gens très sympathiques qui me déposent vers 17h30 en centre ville à 200m de chez Marion.
Mon car étant à 12h50 le lendemain, j'ai le plaisir de passer une soirée et une matinée très sympathiques avec elle et son ami Fred. Cela me permet de mieux les connaître étant donné que lors des réunions de famille, je suis plus avec mes frères et soeurs qu'avec les jeunes. Après l'aller et retour sur Paris où j'ai le plaisir de voir tous mes enfants et les enfants de Florian, je passe une nouvelle soirée sympathique chez elle avant de repartir le lendemain matin sur les chemins.
Je suis maintenant sur le chemin d'Arles et je croise quelques rares pélerins surpris de me voir à contresens. La fréquentation est quand même assez clairsemée. La région du Gers est belle et les vallons et collines sont sympathiques à parcourir. J'arrive au gîte le Grangé vers 18h où Lilie et Andréas m'accueillent très gentiment. Il y a déjà deux autres pélerins d'Aix. Nous passons une excellente soirée autour d'un délicieux repas préparé par nos hôtes. Pour ne pas arriver trop tard, j'ai coupé la boucle de Gimont, me privant paraît-il de la découverte d'une jolie chapelle, mais cela m'a donné l'occasion de rencontrer Gérard, un retraité en recherche spirituelle, s'interrogeant sur l'existence de Dieu. Faisant demi-tour, il m'a accompagné durant une petite demie-heure, s'intéressant à mes motivations dans mon pélerinage.
La pluie est tombée drue toute la nuit et le sol est détrempé. Au matin, sur les chemins, des paquets de terre se collent sous les chaussures et au bout des bâtons. Je ne suis donc pas le GR et adapte mon itinéraire pour ne marcher pratiquement que sur des petites routes goudronnées. Je rejoins ainsi le gîte municipal de Léguevin où je suis seul.
Le lendemain jeudi je dois passer Toulouse, j'en profiterai pour aller voir la soeur de Marion, Cosette qui vient d'accoucher. Je suis le GR, mais c'est de la route et presque tout le temps des rues d'agglomération. A Pibrac, je visite la basilique de Sainte Germaine de Pibrac. La paroisse est en pleine effervescence car ce week-end c'est le pélérinage annuel de cette Sainte locale. A Colomiers, saturé par le macadam et le béton des bâtiments, je prends le bus puis le métro pour le centre de Toulouse. J'arrive ainsi vers midi chez ma nièce et passe avec elle et Elden, son mari, un moment bien agréable, découvrant ma nouvelle petite nièce, Claire, qui n'a que 5 jours et qui est très mignonne. A 15h30 je reprends le chemin en quittant Toulouse en métro puis bus jusqu'à Castanet Tolosan. Je suis ensuite le canal du midi et j'arrive au gîte de Bazeiges vers 19h. L'ami Gilbert, hospitalier pittoresque, m'accueille très chaleureusement. Trois autres pélerins et la nouvelle hospitalière sont déjà là. Nous dînons ensemble dans une ambiance très sympathique. Gilbert a fait plusieurs chemins et deux des autres pélerins aussi, nous partageons nos expériences dans une ambiance très détendue. Un gîte occupé est quand même plus sympathique que vide. Le lendemain matin, Gilbert m'accompagne un moment jusqu'au canal où nous nous séparons. lui retourne au gîte et moi je rejoins Pechauriol, une ferme où habitent mon frère Bernard et Dany son épouse, dans la commune d'Avignonnet Lauragais. La promenade le long du canal est très agréable, ombragée. J'arrive à Pechauriol vers 13h.
Je passe un très bon week end avec la famille de mon frère, avec sa fille Marion de Auch et ses deux filles de Toulouse, Cosette et Mélanie et leurs conjoints. Il m'offre aussi ma première leçon de pilotage, ce qui me confirme dans mon intention de passer le brevet pilote. Demain lundi 14, je reprends le chemin pour rejoindre Montpellier.