mardi 4 mai 2010

Leon a Compostelle, Fisterra et Muxia

Me voila reparti d'un bon pied et une bonne allure. J'ai retrouve toute ma forme et cela fait du bien. J'ai bien apprecie ces deux jours de repos a Leon. D'une part cela m'a bien repose, d'autre part, j'ai revu des pelerins que j'avais semes. Le premier jour de repos, je vois arriver Pilar et Felix que j'avais rencontres a Bercianos. Avec Pilar qui comprend le francais, comme elle me demande mes motivations, je lui raconte mon histoire. Je retrouve Albin et Moricio le deuxieme jour. Un diner en commun nous permet d'echanger plus profondemment. Le jour du depart je les retrouve sur la place du chateau St Marc et ne les reverrai plus ensuite. Sans forcer je prends un rythme de 5,5 km a l'heure, je me sens en bonne forme. Arrive a 12h15 a St Martin ou doivent s'arreter Albin et Moricio, je casse la croute et reprends la route. A 14h15 j'arrive a Hospital de Orbigo. J'hesite a m'arreter: le gite semble sympa, mais j'ai fait 33 km et je me sens en bonne forme et demain mon etape devrait etre de 38km plus accidentee. Je continue donc jusqu'a Santibanez. Le gite est tres rustique, voire sommaire: douches et wc dans la cour, chambres ressemblant a des chambres de caserne. Nous sommes peu nombreux (8) et l'hospitalier, Hercule, est tres sympa. De toute facon, je n'irais pas a l'etape suivante qui est assez loin. Hercule nous fait un excellent repas tres copieux. Comme il ne fait pas chaud, Hercule allume le poele de la salle commune. Le souci est toujours de faire secher le linge.
Le lendemain, depart avant le lever du soleil, la nature est tapie dans une petite brume legere qui s'etire en lambeaux et donne une touche poetique a la nature. Depuis Leon, le paysage est beaucoup plus beau et sympathique. On monte peu a peu sur le plateau et surprise! Au loin, j'appercois une grange avec comme un petit etal devant(?). C'est surprenant. Plus je m'approche, plus je me rends compte que c'en est un: offert aux pelerins qui peuvent laisser "a donativo" quelque chose, il y a du cafe chaud, des jus de fruits, des biscuits, des fruits, de la confiture, du lait, du lait de soja. Tres genereux, j'en suis heureux car je suis parti sans dejeuner, il n'y avait rien. Deja, la veille, a la sortie de Villadango, il y avait une table devant une maison avec des biscuits, des bonbons pour les pelerins. Ces gestes sont touchants et bien agreables.
Le paysage change peu a peu, on attaque les monts du Leon qui montent serieusement. Le paysage est de plus en plus beau, je prefere de loin a la Meseta. au passage je double Pilar et Felix qui sont heureux de me voir en bonne forme. Je traverse Astorga qui a une tres belle cathedrale. A 14h15, j'arrive a l'etape prevue de Rabanal. En forme, je decide de continuer. Si je peux arriver a Santiago le vendredi, je pourrai faire ma radio de controle sans etre bloque car le week end du 1 mai est ferie en Espagne. Finalement je continue jusqu'a Foncebadon un petit village de montagne. Le gite paroissial etant plein, je vais au gite prive tenu par Oscar qui nous fait un excellent diner. Comme nous sommes peu nombreux, c'est calme et la nuit paisible. La table est tres cosmopolite: Francais, Danois, Italien, Belge Flamand, Allemand.
Le depart du lendemain se fait dans la brume et le brouillard. Le passage a la Croix de fer est dans les nuages. Lors de la redescente sur Molinesca, de loin, je reconnais Bernard le luthier avec sa barbe blanche et ses sandales. Je ralentis pour bavarder un peu puis reprends mon rythme. A Ponferrada a 13h15, je vais dejeuner devant le chateau. C'est une jolie ville moyennageuse qui s'est tres etendue ces dernieres annees. Pour sortir de Ponferrada, je ne suis pas le camino qui fait des detours dans la ville neuve, mais je file tout droit sur 7km. J'ai prevu de m'arreter a Carcabellos, une jolie ville medievale, mais la gite qui est a la sortie de la ville est .... ferme! soit je reviens en arriere sur 1km pour un gite eventuel ou je continue 8km plus loin. En forme, je choisis la deuxieme solution et arrive a Villafranca au gite Ave Fenix. C'est un gros gite sympathique tenu par un homme tres type. Repas en commun apres un benedicite, meme si tu n'est pas croyant! Et attention au telephone qui sonne a ce moment, cesar rouspete! La soupe fourre-tout est bonne et tient bien au corps. Autour de moi c'est tres cosmopolite: Slovenie, Estonie, Bresil, Autriche, Allemagne. Tres sympa, mais il est bon de pratiquer un peu d'anglais quand meme. Comme nous ne sommes que trois dans mon dortoir, la nuit est reposante.
La journee suivante sera plus dure car il y a beaucoup de denivelees. J'irai jusqu'a Alto di Poio, un gite prive dans un bar sur un col. Nous ne sommes que quatre pelerins, mais l'ambiance n'est pas sympathique. L'un d'eux est un mauvais coucheur: il n'a pas apprecie que je ne lui prete pas tout de suite ma savonnette pour laver son linge alors que j'allais prendre ma douche. Quand a la fin de ma douche l'eau est devenue brutalement froide, je lui ai demande de prevenir l'hotesse: il m'a repondu "non". Bien l'esprit pelerin! Pour ne pas le revoir, le lendemain, j'ai encore trace. Je suis arrive a Ferreiras un gite dans un petit village. il ne restait pas beaucoup de place, mais j'ai pu avoir un lit. J'y ai fait la connaissance d'une coreenne charmante, un peu entreprenante, troublante, et qui m'a ensuite presente son mari. Il y a de plus en plus de monde sur le chemin, mais l'apres-midi cela s'eclaircit car beaucoup de gens s'arretent vers 13 ou 14h apres 15 ou 20 km. A Melide, le gite est installe dans des algeco dans un gymnase. Il y a beaucoup de monde. J'y fait la connaissance de Michel de Pau et de Rene. Le contact avec Michel est tres chaleureux. Quand je lui parle de mon retour, il me donne ses coordonnees pour m'accueillir chez lui si cela correspond a une etape. Alors que nous etions un peu critique sur le chemin espagnol, Rene est venu defendre les espagnol, emerveille par ce peuple croyant, etc... amusant!
Il a plu toute la nuit, mais au matin le temps est beau et frais. Les chemins sont souvent en sous-bois, ombrages et bordes d'eucalyptus odorants. J'aime bien la Galice. Les villages sont plus pauvres et ont moins de caractere que les autres regions traversees, mais les vallons et la nature sont plus beaux. Suivant les conseils de Michel de Lauzerte, j'arrive ainsi au village de vacances de Monte do Gozo, a 4 km de Santiago. C'est une grosse structure, mais les chambres ne sont que de huit. L'hospitalier nous conseille de ne pas manger a la cafeteria, tres cher mais dans un petit restaurant qui est tres copieux. Les parts sont pratiquement pour deux personnes. Je profite des installations de laverie pour faire une grosse lessive. Pendant que j'attends au bar la fin de ma lessive, je vois debarquer Rene qui fait le chemin tantot a pied tantot en bus. Nous bavardons un bon moment ensemble puis je vais manger.
Le lendemain matin, vendredi 30 avril, je me leve de bonne heure et part des 6h30. J'arrive sur le parvis de la cathedrale a 7h10. Il n'y a pratiquement personne. Je fais un premier tour de la cathedrale pour la visiter, et passer au tombeau de l'apotre. A 9h, le bureau des pelerins ouvre et je vais faire faire ma compostella. Ils tiquent et me disent que je n'ai pas respecte les regles. Vu que je faisais de grosses etapes, il aurait fallu que je fasse mettre deux tampons par jour sur ma credential. Il est vrai qu'ayant fait les 305km de Leon a Santiago en 7 jours, je n'ai pas beaucoup de tampon dans les 100 derniers kilometres. Mais finalement vu tous les autres tampons, ils acceptent de me faire le document (en latin). Je vais ensuite deposer mon sac a la consigne et je retourne a la cathedrale. La tout etant ouvert, je passe par la porte sainte, vais faire l'abrazzo a la statue de l'apotre qui domine l'autel, vais prier un moment dans la crypte devant le tombeau de St Jacques, puis je refais un tour de visite plus approfondi de la cathedrale. A midi, nous avons une tres belle messe des pelerins. La cathedrale est pleine y compris de touristes ce qui pose quelques problemes aux pretres lors de la communion. En effet certains viennent recevoir une hostie comme on va chercher un ticket, ils repartent avec l'hostie dans la main. Le pretre qui surveille chacun, l'interpelle et lui fait manger l'hostie tout de suite. A la fin de la messe nous avons la chance d'avoir la mise ne route du Fumero. 5 a 6 hommes sont necessaires pour le balancer.
Apres avoir dejeune dans un petit restaurant, je me dirige vers un centre de soin pour faire une radio de controle de mes poumons: Le voile de la pneumonie a disparu mais une tache est visible et inquiete le medecin. Il fait appeler une ambulance qui m'emmene a l'hopital voir un specialiste. La-bas, comme en France je dois attendre longtemps mon tour. Finallement une autre radio sous un autre angle fait apparaitre que la tache ne doit être qu'un reflet dû a une superposition de côtes. Je repars a 20h45 rassure, tout est rentre dans l'ordre. Un taxi me depose au gite des pelerins du petit seminaire, le plus pres de la cathedrale.
Apres une bonne nuit, je repars de bon matin pour rejoindre Fisterra. Ayant pris un bon rythme les jours precedents, j'envisage de le garder et de faire le trajet en deux jours au lieu de trois. Le chemin est varie et beau, les paysages agreables. Je vois tres peu de pelerins. Si beaucoup vont a Santiago, peu vont jusqu'a Fisterra. Le chemin est moins bien balise qu'avant Santiago, il y a moins de bars ou restaurants, moins de gites et moins de fontaines. Je fais etape dans un beau gite prive a mi-chemin, tenu par un bar. Le repas est excellent. C'est le lendemain que je vois apparaître la mer du sommet d'un dos d'âne du chemin. Quand j'arrive a Fisterra, je m'installe au gite municipale ou on me delivre le document de fin du chemin. Un Francais qui est arrive le matin me dit que son compagnon est alle jusqu'au phare et qu'il n'y a rien a voir, que cela ne presente aucun interet. Comme j'avais prevu d'y aller le lendemain matin, je m'en dispense. Le soir je m'offre un petit repas de fruits de mer bien frais. Pour plusieurs pelerins, c'est la fin, ils reprennent le car le lendemain pour rentrer chez eux. Certains sont tres emus.
Il pleut pendant la nuit et au matin juste avant de partir. Apres le petit dejeuner dans le bar, au moment de partir, la pluie cesse et je prends le chemin sous un ciel qui se degage. le paysage est la encore tres beau. On sent que l'on est pres de la mer, il y a beaucoup de vent et il ne fait pas tres chaud. J'arrive a Muxia vers 14h et ayant bien depasse l'albergue, je vais directement au sanctuaire qui est au bout du village. La basilique materialise le lieu ou aurait accoste la barque ramenant le corps de l'apôtre St Jacques apres son martyre. Elle est battue par les vents et par gros temps, les vagues passent par dessus les rochers et viennent s'ecraser sur le mur de la basilique. A l'arrivee au gite, je depose mes affaires, me change et vais manger car il est deja 15h et j'ai faim! Apres la douche et la lessive habituelles, je vais faire un tour vers la secherie de congres qui est assez speciale. Les congres sont ouverts et decoupes en filets pour faciliter le sechage. Puis je reviens au gite ecrire les quelques cartes postales que j'ai achetees. Pour diner, je vais dans un bar dont la patronne, Chelo est d'un temperament bon vivant et truculent.
Le lendemain 4 mai reveil 6h car le car passe a 7h30. Je le prends pour rentrer a Santiago. Arrive a 9h30, comme lors de mon premier passage, je fais le tour de la basilique avec les etapes traditionnelles, puis je vais faire quelques courses avant de revenir pour midi a la messe des pelerins. Aujourd'hui, elle est preside par l'eveque et comme la derniere fois, elle est superbe. Une religieuse a voix superbe anime les chants et chante l'office. A la fin de la messe, nous avons la chance d'avoir a nouveau la mise en oeuvre du Fumero. Apres un repas de pelerin dans un restaurant, je termine mes cartes et vais a la poste me soulager de mes radios que je trimbale depuis Leon. Un apres-midi tranquile a l'albergue me permet de mettre a jour mon blog.
Ici se termine la premiere partie de mon periple. Si je n'ai pas apprecie la Meseta, j'ai bien aime les monts du Leon et de la Galice. C'est beau et tres varie. J'ai eu l'occasion de faire quelques belles rencontres, mais c'est vrai que je n'ai pas pu vraiment les approfondir. C'est un choix: la plupart des gens ne font que 15,20 ou 30 km alors que moi j'en fais 30 a 50. A midi, j'en ai deja fait entre 20 et 25, je me vois mal m'arreter alors que je suis en bonne forme et trenailler toute l'apres-midi. C'est vrai que c'est a ces occasions que les contacts se font, mais comme je veux etre a Cotignac le premier week end de juillet apres etre passe a Fatima et Lourdes, il est certain qu'il y a des choix a faire.

jeudi 22 avril 2010

Burgos a Leon

Apres avoir vu le medecin et achete les medicaments prescrits, je reprends le chemin vers 10h. Vu l'heure, j'envisage de ne faire qu'une petite etape de 20 km. Au passage, dans une epicerie, j'ai achete une bouteille de boisson energetique que consommait l'un des espagnol de Villafranca: Aquarius. Peu a peu, je reprends le rythme. Dans les monts au-dessus de Hornillos ou j'ai l'intention de m'arreter, je recupere un espagnol qui a demarre a Burgos et qui a deja des ampoules et est fatigue. nous marchons de concert jusqu'a l'etape. Le gite est deja plein, il ne reste qu'une place. Je me sens mieux que le matin et l'etape suivante est a 11 km, je laisse donc la place a l'espagnol et repars. Le plateau est interminable et monotone. D'apres mon rythme, je devrais arriver a Hontanas, mais toujours cette platitude. Tout d'un coup une pancarte annonce: Hontanas 0.5 km .... En effet, le village est dans un creux et on ne l'appercoit qu'en tombant dessus. A l'auberge je retrouve Marc un Francais que j'avais rencontre quelques jours auparavent a Najera et Bernard un Luthier qui est a son troisieme chemin. La petite auberge ou nous sommes est bien sympathique.
Le lendemain 17 avril je decide de joindre Fromista car je veux aller dans une pharmacie. Le chemin est long et interminablement monotone. Decidement je regrette les chemins Francais. On fait peut-etre de plus petites moyennes mais c'est plus beau et varie. Cela plait a certains, pas a moi, cette platitude est d'une tristesse qui m'ennuie. En arrivant a Fromista, j'ai de la chance, bien que nous soyons samedi, la pharmacie est de garde. Je peux donc faire mes achats. Quand j'arrive au gite, il est 15h30. Douche puis lessive. Quand je veux aller manger, tout est ferme parce que c'est la fete au village. Je trouve bien un restaurant de luxe qui accepte de me faire a manger mais a des prix exorbitants. Au gite, le gerant accepte mais difficilement de me faire un bol d'eau chaude pour que je me fasse une soupe mais n'accepte pas que je me fasse des pates. Il faudra que j'attende 19h pour manger, c'est long! A 19h donc, dans le restaurant ou je m'arrete, je m'installe a une table ou il y a Colette, francaise, deux Hollandaises et un couple Sud africain: Le repas est tres sympathique. Colette partage mon sentiment sur le paysage et sur les frequentations du chemin, beaucoup de touristes. La nuit je tousse et crache beaucoup.
Les deux jours suivants seront pareils, longs et monotones avec des lignes droites interminables (17km). Le temps est tres variable: le dimanche la pluie et le soleil alternent en permanence et je n'arrete pas de mettre et d'enlever le poncho; le lundi, cela va mieux, il ne pleut pratiquement pas. Le poncho est pres mais je ne l'utilise pas. Au passage a Sahagun, je me soulage un peu en renvoyant mon duvet qui est trop chaud et que je n'utilise pas depuis plusieurs jours et d'une polaire. Je fais etape a Calzadilla de la Cueza (36km) et arrive a Bercianos le lundi soir (33 Km): C'est un gite paroissiale avec un accueil pelerin chretien. Je suis agreablement surpris et content les hotesses Rosa (Espagnole) et Carmen (Quebecoise) sont tres accueillantes et au petits soins pour les pelerins. Compte tenu de ma toux, elles m'installent dans une chambre seul au lieu du dortoir. Le repas se fait en commun et l'ambiance est chaleureuse et sympathique. Nous ne sommes qu'une quinzaine. Cela change des autres gites. Apres avoir assite au coucher du soleil et fait la vaisselle, nous avons un temps de priere ensemble. Cela me reconcilie un peu avec l'Espagne.
Au petit matin, je repars d'un bon pas. La boisson Aquarius me fait du bien et je prends un bon rythme. J'aimerais aller jusqu'a Leon pour revoir un medecin car apres cinq jours de traitement, je trouve que l'amelioration n'est pas significative. durant 35km je marche a 6km a l'heure. Cela va bien. A Villarente, l'etape que j'avais envisagee, je decide de continuer jusqu'a Leon car je me sens bien, mais je ralentis un peu. Finalement j'y arrive vers 17h apres 47km. Je suis accueilli a l'auberge du couvent des Benedictines. Quand je demande s'il est possible d'avoir une chambre seul (a cause de ma toux), les hospitaliers tres gentiment me donnent la seule qui est libre. Je suis bien installe avec cabinet de toilette prive. Apres la douche, je me rends au centre de soins ou je rencontre un medecin. Apres examen, il me fait faire une radio et identifie un voile au poumon: cela semble un debut de pneumonie. Il me prescrit des antibiotiques durant 10 jours et me dit de refaire une radio de controle dans 10 jours. Je comprends mieux ma fatigue generale. Quand je reviens au gite et que je donne le resultat de la visite, les hotes me proposent de prendre un ou deux jours de repos. Etant bien installe je reste donc deux jours. Cela me fait beaucoup de bien d'autant que lachant la pression, je me rends compte que je suis quand meme bien fatigue. Je passe donc ces deux jours a me reposer, visiter la cathedrale et l'eglise San Isidore qui est le panteon des rois d'Espagne. C'est magnifique. J'en profite pour regler des affaires personnelles et a mettre a jour mon blog. Les hospitalieres Madalena (Italienne) et Pilar (Espagnole) sont pleines de sollicitude a mon egard, cela change des accueils plus economiques des autres gites .
Ce que j'apprecie beaucoup dans ce gite, c'est que je retrouve un accueil chretien: le soir, a 21h30, il y a possibilite de participer aux complies avec les soeurs benedictines. Nous sommes accueillis par une religieuse qui donne des explications avant l'office et invite a la priere et la meditation par un petit discours sur le sens du chemin.
Je reprends donc le chemin demain 23/04. Je pense que ces deux jours de calme et de repos m'auront fait le plus grand bien. En principe, si je garde mon rythme, je devrais arriver a Santiago dans dix jours.

dimanche 11 avril 2010

St Jean Pied de Port a Burgos

Jeudi matin, reveil de bonne heure pour partir rapidement. La, cela change des jours precedents car on trouve beaucoup de monde sur le chemin. On attaque tres fort par un raidillon. Tres rapidement, le ciel se bouche et nous nous trouvons dans les nuages. Il ne fait pas tres froid, mais tout est bouche. Je ne vois meme pas la Vierge. Je double beaucoup de personnes et marche de concert avec un espagnol, mais par la suite, il me semera. le passage du col se fait dans le brouillard. A midi, j'avise une ancienne chapelle qui a ete transforme en gite. Il y a meme une cheminee avec un insert, et tout ce qu'il faut pour faire un feu: buches, petit bois, papier et briquet. J'ai failli mettre en route une flambee, mais comme je ne voulais pas rester longtemps, je ne le fais pas. La redescente sur Roncevaux est assez raide: Ayant mis six heures pour passer, j'arrive vers 13h a l'accueil pelerin puis au gite qui est situe dans l'ancien hopital des pelerins du moyen age. Il y a plus de 100 ou 150 lits alignes. Tout au long de l'apres-midi cela va se remplir. Apres ma douche et ma lessive quotidienne, je profite de mon temps libre pour aller visiter la basilique, superbe, le musee, le cloitre, et deux anciennes chapelles du moyen age. Entre temps, Christelle et Monica sont arrivees. On constate que l'allemand ronfleur est a deux lits d'elles! Apres le diner dans un des deux restaurants de Roncevaux, nous allons a la messe, en espagnol bien sur: Nous entendons la liste des differentes nationalites: les espagnols et les allemands sont les plus nombreux, mais tous les continents sont representes: Australie, Japon, Coree, tous les pays d'europe ou presque, USA, Canada, Chili, Argentine, mexique, etc....
Extinction des feux a 22h, la nuit est bercee par les ronfleurs qui se donnent parfois la repartie. Pour ma part je n'entends presque rien grace a mes boules quies.
Le lendemain, je me leve des 5h30 pour partir rapidement et fuir ce remue-menage qui me derange. Je demarre a 6h30 et espere prendre un petit dejeuner au village suivant. Il y a bien un bar d'ouvert mais pas de pain, rien a manger. Ce n'est que vers 9h30 que je trouverai quelque chose. A 12h15 j'arrive a l'etape que j'avais prevue. Rien n'est ouvert et je suis en pleine forme alors je continue. Un cycliste espagnol me double et nous faisons le point ensemble. Il va jusqu'a Pamplona. Quand j'arrive a l'etape suivante, Arre, avant Pamplona, il n'est que 15h30 et je me sens capable de continuer. Je continue ainsi jusqu'a Cezur Menor, apres Pamplona soit 55 km dans la journee. Au passage je visite un peu Pamplona car le chemin traverse la vielle ville. Je suis content d'arriver. Les trois jours suivants, c'est pareil, j'avance bien, le chemin n'est pas difficile, il est bien entretenu, c'est une veritable autoroute. Je fais donc etape a estella (42km), Viana (41km), et Najera (43km), mais depuis un ou deux jours je tousse un peu et les derniers kilometres sont un peu longs et difficiles a terminer. Je decide donc de ralentir un peu et pour l'etape suivante je m'offre un petit hotel a Castildelgado arrive vers 15h, je me couche et dors, mais je suis souvent reveille par ma toux. J'ai beaucoup avance parce que les chemins etant bons, ils sont faciles, cela me permet un peu de fuir la vague de touristes qui a pris le chemin, car je ne ressents pas la meme chose qu'en France. Aux gites, quand on discute, on sent que ce chemin n'a rien de spirituel pour beaucoup: je suis un peu decu des rencontres pour l'instant. Les gens sont sympas, mais il n'y a rien de profond. Alors j'avance. Au debut, les paysages sont interessants, mais rapidement on attaque les plaines interminables avec des lignes droites de 15 a 20 km. C'est triste et monotone, il n'y a presque rien a voir. Les premiers villages sont superbes avec de belles maisons assez riches, de belles eglises mais tout est ferme. Puis peu a peu cela devient desertique, des villages pauvres et fermes, des eglises toujours fermees. J'avance.
Apres ma nuit qui m'a fait du bien, je me sens quand meme fatigue. L'etape suivante est donc courte (24km). Je m'arrete au gite de Villafranca. Comme il est 13h, je demande aux trois espagnol qui sont la ou je peux acheter des provisions, ils me proposent de faire le repas, en echange j'achete une bouteille de vin. La halte fut sympa, les compagons sympas aussi, mais grands buveurs: 8 ou 10 bouteilles a 4. Au fur et a mesure, d'autres pelerins arrive. L'apres midi je me repose et soigne les ampoules (pas belles) d'un italien, d'un espagnol, d'une autrichienne....
Le lendemain je pousse jusqu'a Burgos 33km. La traversee de la zone industrielle ne m'interesse pas, je prends donc un bus, d'autant que je me sens fatigue. Le gite municipale est neuf et superbe. Je fais quelques courses pour diner et le petit dejeuner. Je passe une nuit a tousser et cracher.
Le lendemain matin 16/04, je vais voir un medecin qui diagnostique une bronchite et me prescrit des antibiotiques.

samedi 10 avril 2010

Condom - St Jean Pied de port

Le dimanche soir, j'appelle mon camarade de promotion et ami, Alain You qui est pere abbe de l'abbaye de Maylis pour lui demander si je peux venir et en particulier suivre le triduum Pascal. Il me reponds que l´'abbaye sera pleine, mais qu'il va voir comment faire. Le lendemain il me rappelle et me confirme qu'íl peut m'accueillir, mais que je serai loge dans la cloture avec les moines donc en silence. Pas de probleme pour moi bien sur, bien au contraire. Qu'y a-t-il de mieux que de celebrer la mort et la resurection du Christ dans un monastere. Par contre quand je lui annonce que j´arriverai jeudi soir, je comprends que c'est un peu genant avec le temps de silence, mais qu´il me consacrerait quand meme un peu de temps.
Le lendemain lundi, je prends la route sous un beau soleil et passe par Larressingle qui est un splendide petit village medieval. Je file ensuite vers Eauze ou je suis attendu par Pauline et Marcel. Mon passage leur a ete annonce par Isabelle qui a d'ailleurs demande a Pauline de me transmettre un message. En arrivant, je fais un crochet par le centre pour visiter la cathedrale et prendre l'adresse du gite a l'office du tourisme. Comme ils ont une soiree formation alpha, ils me proposent de me joindre a eux pour le diner et suivre la projection de la cassette. Ce que j'accepte, cela me donne l'occasion de rencontrer le tres sympathique cure qui est hollandais et quelques paroissiens tres accueillants.
Le lendemain par contre je repars sous un ciel bien charge et peu de temps apres, je suis oblige de mettre sur-pantalon et poncho. Comme les chemins sont peu praticables, je prends des petites routes. J'arrive trempe a Nogaro vers 13h. Je prends mon casse-croute dans un bar et quand je repars, le temps etant toujours a la pluie et au vent de travers, je prends le chemin le plus court: la nationale. Vais-je m'arreter dans le premier gite? Je passe dans le village vers 15h et j'avance bien: je continue donc tete baisse vers Aire sur Adour. J'y arrive vers 19h apres avoir fait 46km. Apres la douche et la lessive, je vais prendre un diner dans un petit restaurant qui est deja ferme mais qui m'ouvre quand meme quand elle apprend que je suis pelerin.
Il ne me reste que 42 km jusqu'a l'abbaye. Le lendemain je les parcours rapidement et arrive vers 16h30 a l'abbaye. Vers midi, j'avais appele Alain pour lui annoncer que j'avais gagne une journee. Il me recoit royalement car il me met a disposition la suite episcopale qui comprend une chambre, un bureau et un cabinet de toilette prive. Entre le mercredi soir et le jeudi, j'ai la possibilite de beneficier de deux entretiens bien profonds avec lui et d'une confession tres marquante. Par la suite, je peux suivre la plupart des offices et le triduum pascal. Ces ceremonies sont si belles et les moines chantent si bien que l'on ne voit pas le temps passer. Pourtant, les ceremonies du jeudi saint et du vendredi saint ont dure 2h30, la vigile pascale plus de 3h30 a partir de 22h45. Meme les enfants tres nombreux etaient pris par l'ambiance, ils etaient sages et recueillis, ne perdant pas une miette des evenements. Le pere abbe etait rayonnant au cours des offices. Ce sont les plus belles fetes pascales de ma vie. J'ai eu l'occasion de rencontrer quelques familles et de partager avec elles. Je garde un excellent souvenir de ces moments privilegies. Ils ont pourtant ete un peu perturbe au debut car le chicot de mon bridge commencait a me faire mal depuis deux jours. Alain a pris pour moi un rendez-vous chez le dentiste et m'a prete une voiture. Le jeudi soir, juste avant la ceremonie, je me suis fait arracher le chicot, une infection commencait dessous. Elle s'est par la suite transformee en sinusite.
Le lundi matin je prends conge des moines par une belle journee ensoleillee. Alain m'emmenne dans le clocher pour voir la vue. On a une vue splendide sur les pyrenees. Depuis Lectoure, je les vois de temps en temps, mais bien sur de plus en plus pres. Passant par Amou, j'avais l'intention de faire quelques courses pour mon casse-croute, mais j'avais oublie que le lundi de Paques c'est ferie: tout est ferme! Meme les bars et restaurants. Je me dis qu'il va me falloir mendier un bout de pain. Pas facile! Je me trouve toujours une excuse et j'arrive a la sortie du village sans rien. Je m'arrete devant la derniere maison pour boire un peu, comme je finis ma gourde, je suis alors interpelle par une dame qui me propose de me la remplir. J'en profite pour lui demander un bout de pain. Elle me donne gentiment un bon morceau de pain complet aux cereales, deux croissants et deux pommes. Mon Dieu qu'il etait bon ce dejeuner!
La route jusqu'a Orthez se passe bien et je suis accueilli au gite municipale par deux benevoles. Superbe gite dans un batiment ancien, bien equipe.
Le lendemain je reprends la route sous une journee pluvieuse et je trace jusqu'a St Palais. Je prends des raccourcis par rapport au GR car parfois il fait des detours. Le gite est tenu par deux benevoles belges tres sympathiques. Fatigue, je me fais un petit frichti a base de soupe et de pates de ma reserve. Bernadette, gentiment me donne deux saucisses et une tomate. Finalement c'est copieux.
Apres une bonne nuit de repos, je reprends la route sous la pluie. J'evite certains troncons du GR car trop boueux. Je me trouve meme devant un gue infranchissable car les eaux sont abondantes. A midi, je m'arrete dans un petit restaurant pour manger mon casse-croute et commande une bonne soupe bien copieuse et bien chaude. Apres le repas, je reprends la route mais je ne suis pas le GR car mon experience du gue, la pluie, les detours que fait le GR m'incitent a prendre au plus court. Je suis donc la grande route jusqu'a St jean Pied de Port ou j'arrive vers 17h. J'appelle un premier gite qui est malheureusement plein, mais l'hotesse me donne les coordonnees d'un autre gite accueil chretien. Mon interlocuteur me confirme qu'il peut m'accueillir. Je commence par passer a l'accueil pelerin, dans la citadelle ou on m'enregistre. Alors que jusque la je n'avais vu quasiment personne, la, je decouvre beaucoup de monde qui prend le chemin. Avant d'aller au gite, je fais quelques courses: paires de chaussettes car les miennes sont deja pas mal reprisees, embouts de batons car je suis bientot sur la ferraille, quelques courses alimentaires pour le lendemain, pharmacie pour mon hypertension.... Puis je rejoins le gite ou sept autres pelerins sont deja la, mais ils demarrent de St Jean Pied de Port. Apres un repas chaleureux avec les hotes et les pelerins, la nuit est un peu mouvementee car l'un des allemands ronfle comme une locomotive! Je sympathise avec deux jeunes femmes francaises qui vont faire le chemin par petits bouts.

dimanche 28 mars 2010

Conques à Condom

Mon récit précédent s'est terminé brutalement car étant à l'office du tourisme de Conques, j'ai dû m'arrêter brutalement au moment de la fermeture.

La nuit à Golinhac a été paisible. Comme durant la journée je ne dois pas traverser de village avec commerces, j'attends l'ouverture de l'épicerie pour acheter un casse-croûte. Le temps est superbe, un beau soleil réchauffe l'atmosphère. Le chemin jusqu'à Conques est plus facile que la veille. Arrivant à 15h30 à Conques, cela me donne le temps de visiter le trésor de la basilique et le musée, puis de squater l'ordinateur de l'office de tourisme afin de mettre à jour mon blog, et enfin de faire un tour dans le village. Cette petite cité médiévale est magnifique et bien restaurée. Je suis accueilli à l'abbaye par des hospitaliers bénévoles. Au repas, j'ai la bonne surprise de retrouver Alain qui arrive d'Estaing. Il n'est pas passé par Golinhac, il a pris une variante plus facile, mais a quand même fait près de 40km dans la journée. Le repas avec les hospitaliers est très sympathique, chaleureux. Les échanges sont riches. Comme chaque soir, nous échangeons des messages avec Caroline. Comme la liaison téléphonique n'est pas bonne, nous communiquons par sms:
- Caroline: "jcapte que dalle! on s'appelle 2m1 soir. A Conques jdevrais avoir du réseau! Ca sera plus simple. J'espère que tt va bien pr toi."
- moi: "Pour moi tvb. J'espère que tu n'en as pas trop bavé aujourd'hui. demain ce sera plus cool. conques est très joli. Alain est arrivé jusqu'ici. demain il ira probablement comme moi à Livinhac. A demain"
- Caroline:"Mais il est fou!! Il s'est fait plus de 40km dans la journée! Je suis fier de vous, vs avez un super rythme. Jvous appelle 2m1 pour faire le point"
Au cours de nos marches et de nos soirées dans les gîtes, nos échanges sont devenus de plus en plus profonds, créant entre nous une certaine complicité, une amitié. Alain et moi avons pris Caroline en affection, elle nous appelle ses petits papas.
Après une bonne nuit de repos, nous profitons de notre présence à l'abbaye pour bénéficier des laudes, puis de la messe. A l'issue, nous recevons de la part d'un des pères, la bénédiction du pèlerin devant l'autel de Ste Foy. Nous déjeunons ensuite avec les hospitaliers. Pendant qu'Alain visite un peu Conques, je passe à la poste pour m'alléger des vêtements d'hiver et je reprends le chemin. Il commence par une montée raide vers la chapelle Ste Foy qui nous donne une vue splendide sur Conques. Le temps est superbe et je prends mon casse-croûte de midi devant la chapelle St Roch de Noihlac. Jolie petite chapelle avec de beaux vitraux modernes mais chatoyants. Le chemin reste en crête jusqu'à Decazeville où la descente et la remontée sont rudes. Je fais étape chez "Corinne la pèlerine" (Dioscore) près de l'église St Roch. Comme elle était à Conques, nous l'attendons une heure au soleil avec Alain qui vient de me rejoindre. Nous avons des échanges profonds. Je lui relate l'agonie et le décès de mon père qui nous a beaucoup marqué par sa profondeur spirituelle. Quand Corinne arrive, nous allons prendre notre douche chez le curé d'en face car Corinne a des problèmes de douche. Elle nous fait un excellent repas bio et les échanges au cours du repas sont riches et profonds.
Le lendemain, nous faisons nos courses à Livinhac et nous reprenons la route chacun de notre côté. Mais avec nos arrêts respectifs, nous nous suivons de peu et nous retrouvons de temps en temps. Ces moments de solitude nous permettent chacun de réfléchir, méditer et prier. A midi, nous nous retrouvons au pied de l'église de St Félix, jolie petite église du XI° siècle très curieuse. Nous pique-niquons au soleil sur des bancs. L'après-midi nous cheminons ensemble jusqu'à Figeac. Là, Alain va visiter le musée Champolion, très intéressant, pendant que je fais un tour dans les ruelles moyenâgeuses et à l'église St Sauveur qui a une superbe chapelle avec des boiseries peintes représentant des tableaux de la bible. Je prends ensuite le chemin qui remonte sur le plateau par le "Cingle". J'y rencontre deux jeunes élèves de terminale. Ils m'offre gentiment du chocolat et nous échangeons pendant un moment bien sympathique. Je reprends ensuite jusqu'à la Cassagnole où Alain me rejoint. Nous sommes chaleureusement accueillis par Marie-Claude qui nous installe dans un gîte avec coin cuisine. Pendant que je lance la lessive avec elle, nous avons ensemble un échange profond. Alain et moi achetons quelques provisions et nous préparons notre dîner que nous partageons en échangeant. Alain fait peu à peu un cheminement intérieur qui l'émerveille. Par téléphone nous avons Caroline qui nous suit une étape derrière et nous convenons de nous retrouver à Moissac d'où ils partiront ensemble pour Paris.
Après une nouvelle nuit de repos, nous repartons à travers le plateau du Quercy sec et désertique. Nous apercevons de nombreuses casettes (huttes de bergers en pierre) et quelques dolmens. Je n'ai pas suivi le chemin que j'ai préparé, mais le GR et je le regrette. Nous arrivons au dessus de Cajarc avec une jolie vue sur la ville. Nous passons par la poste où je m'allège encore un peu, le temps étant de plus en plus beau et chaud. Nous nous installons au gîte municipale qui est propre et confortable. Quelques courses nous permettent de faire quelques provisions pour notre dîner et notre déjeuner du lendemain. Nous échangeons encore et je suis touché de voir l'émerveillement d'Alain à se laisser transformer et cheminer.
L'étape du lendemain nous amène à travers de longues forêts et des chemins bordés de murs de pierre jusqu'à Vaylats au couvent des Filles de Jésus. Après la douche, lessive et courses, nous suivons les vêpres de 18h puis nous partageons le souper avec les soeurs et un hospitalier bénévole qui est là en convalescence.
Le lendemain, nos routes se séparent car je file vers Cahors alors qu'Alain coupe en direction de Lascabanes. J'arrive à Cahors vers 14h30 et galère un peu pour trouver un hébergement car beaucoup sont fermés. L'office de tourisme me trouve quelque chose au foyer des jeunes travailleurs. Ma soeur Hélène arrive par le train et nous nous retrouvons. Après notre installation et ma douche, nous faisons une petite visite de la vieille ville puis nous allons à la messe à l'église St Barthélémy. Nous dînons dans une brasserie avant de rejoindre le foyer.
Après une bonne nuit de repos nous prenons le chemin de Lascabanes sous un ciel plutôt humide. Nous passons par le pont de Valendré, superbe! En arrivant en haut de la côte nous sommes obligés de nous couvrir de nos ponchos. Le chemin a été modifié pour passer devant un gîte et c'est là que nous voyons que les GR ont un côté économique plus que de tradition. En passant par ce gîte, comme nous cherchions des toilettes, nous sommes gentiment invités à boire un café. Le chemin est boueux, nous marchons sous le vent et la pluie. A midi, nous nous abritons sous un porche d'école pour casser la croûte. Comme nous sommes près d'un bureau de vote, plusieurs citoyens passent bavarder un peu avec nous. Nous repartons mais le temps se lève un peu, la pluie s'arrête. Hélène marche à son rythme et je règle le mien sur le sien. A deux kilomètres de Lascabanes, elle commence sérieusement à fatiguer. Là, Caroline qui a suivi le même chemin qu'Alain nous rejoint. Nous arrivons au gîte où nous nous installons. Après la douche, à 18h, nous sommes accueillis à l'église par le père Kerveillant, prêtre ouvrier de la mission de France, ermite à Lascabanes, veilleur sur le chemin. Il nous accueille par le lavement des pieds, comme le Christ, et l'eucharistie. C'est un moment assez fort. Nous retrouvons ensuite l'hôtesse du gîte avec son doux sourire. Elle nous a préparé une excellente soupe et un poulet au vinaigre succulent. Après le repas, je passe un moment à échanger avec Caroline qui elle aussi chemine intérieurement.
Le lendemain, nous démarrons tous les trois ensemble, mais à un moment, Caroline bifurque vers Moncuq alors qu'Hélène et moi continuons sur le plateau. Comme elle fatigue vite, je prends un raccourci et évite les dénivelés. Le temps est variable, mais nous évitons la pluie et le temps s'améliore peu à peu. A midi nous retrouvons Caroline près de Montlauzun. Nous déjeunons avec un chien très gentil mais un peu collant. Il se couche souvent sur les pieds douloureux d'Hélène. L'après-midi nous continuons ensemble et à quatre kilomètres de Lauzerte, Alain arrive à notre rencontre. Après avoir avancé un peu, il a fait demi-tour pour nous rejoindre. Nous arrivons au gîte de Lauzerte où Bernadette et Michel nous accueillent. Le gîte est superbe, luxueux. Hélène étant arrivée épuisée, Michel lui propose de l'emmener un bout de chemin en voiture le lendemain. Il nous emmène visiter des caves de Lauzerte qui ont servi de carrière lors de la construction de la ville. Nous dînons avec nos hôtes, très accueillants et plein d'histoires sur le chemin et les pèlerins. Nous passons une excellente soirée.
Au matin, nous laissons Hélène pour faire les dix premiers kilomètres qui ne sont que montées et descentes. Michel avait bien vu, Hélène aurait vite été épuisée. Parti sous le soleil, nous trouvons la brume dans une vallée, elle nous quitte à Duffort la Capelette où nous retrouvons Hélène. Après un pique-nique au soleil près d'une chapelle, nous marchons ensemble jusqu'à cinq kilomètres de Moissac en échangeant de temps en temps deux par deux. Là, Hélène sentant venir la fatigue, nous interpellons une voiture qui par chance va à Moissac. Le chauffeur la prend en charge et la dépose à la gare où nous la retrouvons une heure après. Hélène a décidé de rentrer à Paris avec Alain et Caroline. Nous nous installons au gîte Ultrëia tenu par Rom, un Irlandais qui après avoir fait le chemin et vécu la maladie de sa femme a décidé de changer de vie. Au cours du repas, les échanges sont riches et profonds.
A 6h15 le lendemain matin, mes trois compagnons embarquent dans un car qui les amène à Agen au TGV de Paris. Après ces quinze jours, je me sens un peu seul. Nos échanges ont été tels que des liens se sont noués et je suis heureux d'avoir pu assister au cheminement intérieur de mes deux compagnons. Je suis aussi heureux d'avoir pu marcher un peu avec Hélène. Cette nouvelle journée est un peu rude du fait de la solitude et du macadam sur une bonne partie du chemin. J'arrive à Flamarens chez Isabelle et Xavier. C'est Nadine qui m'accueille. ce n'est que vers 20h que mes hôtes arrivent. Le repas du soir avec échanges est sympathique et me fait un peu oublier la solitude. Nous nous séparons après la prière familiale pour aller dormir. C'est le lendemain matin juste avant mon départ que j'ai un partage un peu plus profond avec Isabelle. Le chemin est un peu plus court que la veille car les gîtes suivant étant fermés, je m'arrête à Lectoure, ce qui me permet de visiter la cathédrale et la ville qui ont un cachet particulier. Je m'arrête dans un gîte où il n'y a pas de chauffage ni de repas. Je me fait un repas rapide et me couche rapidement. Cela accentue le sentiment de solitude.
Comme le lendemain mon rendez-vous avec mes amis Michèle et Philippe est à 20h à Condom, je fais le détour par La Romieu où je visite l'abbatiale et le cloître sous un beau soleil. Comme je suis arrivé à midi, je m'offre un petit repas dans le petit restaurant Angeline, sur la place du village. L'hôte est très sympathique et me raconte la légende des chats d'Angeline. Quand j'arrive à Condom vers 18h, je file à la cathédrale pour la visiter ainsi que le cloître. Elle est magnifique et mérite elle aussi le détour. En attendant l'heure du rendez-vous je m'abrite dans un café.
Vers 20h15, mes amis arrivent et m'emmènent chez eux. J'y passe deux jours de repos qui me font beaucoup de bien et me permettent de les retrouver. Le dimanche soir ils me ramènent à Condom pour que je reprenne la route demain matin. Ce n'est que dans un petit hôtel que je trouve un gîte, car tout est fermé.

lundi 15 mars 2010

Reprise du chemin

Après trois jours de repos à Montbrison, temps passé entre autre à échanger sur le chemin avec mon amie, j'ai téléphoné pour réserver les trois premiers gîtes. Les hôtes m'ont vivement déconseillé de partir, le chemin est impraticable avec plus de 50cm de neige et des congères, le bord des routes est tout aussi impraticable avec les rejets de chasse-neige. Je suspends donc la reprise en retournant trois semaines à la maison. Ce qui me permet de profiter un peu de mes enfants et petits-enfants car Florian est venu passer quelques jours à la maison avec sa petite famille, et Amandine et Luc ont fêté le premier anniversaire de Gabin.
Le 8 mars, la météo étant un peu plus favorable, je rejoins Le Puy qui est quand même sous la neige. Un petit tour dans la ville et la cathédrale me permet de la découvrir un peu.
Le lendemain une messe à 7h à la cathédrale avec bénédiction de pélerins démarre ce nouveau tronçon. Nous sommes trois à assister à cet office: Alain 64 ans, Caroline 23 ans et moi. Spontanément nous prenons la route ensemble. La montée se fait dans la neige sous un ciel plutôt favorable. Nous cheminerons ainsi jusqu'à St Privat où nous avons retenu au gîte de Jean-Marc et Marie. Nous découvrons un accueil chrétien très chaleureux. Finalement, nous sommes 7 pélerins dans ce gîte. Nous passons une soirée très sympathique. Le lendemain, le temps est couvert avec un peu de neige virevolatant. Nous traverserons des paysages splendides sous le blanc de la neige, mais dans l'ensemble le chemin est praticable. Nous faisons étape au Falzet. Le gîte est normalement fermé, mais les hôtes nous accueillent très gentiment avec un excellent repas. Alain, Caroline et moi avons continué ensemble. Un germain très "teuton" s'est aussi arrêté au même gîte. Nous éviterons de continuer avec lui car son esprit critique est difficilement supportable. Après une bonne nuit, nous repartons sous la neige avec un ciel encore plus bas. La montée sur la chapelle St Roch se fait dans une neige épaisse. Après le col, le ciel se dégage un peu et le paysage change. Nous allons jusqu'à Aumont Aubrac. Nous allons au gîte de la ferme du Barry où nous faisons connaissance d'autres pélerins: Isabelle et Xavier.
Au réveil, le temps semble un peu plus clément. En fait, le soleil arrive peu à peu et la traversée de l'aubrac se fait sous un beau ciel bleu. Nous sommes par contre obligés de suivre un peu la route car la neige a fait de gros congères entre les murs du chemin. Nous cheminons ainsi jusqu'à Nasbinals.
Après une bonne nuit au gîte nous repartons sous le soleil. La montée sur le col de l'Aubrac est superbe avec ses champs de neige. Nous sommes obligés de passer par la route car la neige fait plus de 80cm avec de nombreux congères. Nous passons à Aubrac sous le soleil et la neige soufflée par un vent glacial. nous ne nous y éternisons pas et redescendons par la route jusqu'à Belvezet où nous reprenons le chemin. La neige a disparu et le temps est printannier. A St Chély d'Aubrac, Caroline et Alain décident de s'arrêter. Caroline souffre d'un genoux et Alain est fatigué. Pour ma part, je continue jusqu'à St Côme d'Olt où je suis très gentiment accueilli au couvent de Malet.
Dimanche, tranquillement, je prends la route en flânant dans St Côme, joli petit village médiéval fortifié. En longeant le Lot, j'arrive à Espalion pour la messe de 10h30. Je reprends la route ensuite jusqu'à Estaing puis je monte à Golinhac. Ce tronçon est rude est la journée longue. J'arrive enfin au bout du chemin, mais tout est fermé. J'ai la chance de rencontrer la future gérante du camping qui m'ouvre le gîte du camping. Un repas très frugal: sachet de soupe, pâtes et abricots secs, puis dodo. (mon récit se termine brutalement car je suis à l'office du tourisme de Conques et c'est l'heure de fermeture)

vendredi 12 février 2010

Saint Jacques de Compostelle, c'est parti

Depuis longtemps je parle de faire le pélérinage de Saint jacques de Compostelle. Voilà, c'est parti! Le 26 janvier au soir, à la Chapelle du Refuge, à l'Hôpital St Jacques, notre curé bénit mon pélérinage en présence de quelques amis. Le lendemain matin, de bon coeur, je pars. Amandine est venu avec Gabin me dire au revoir avec Clothilde. Il fait froid (-4°C), mais le temps est sec. Il y aura même un peu de soleil dans la journée. A hauteur de la Sécurité Sociale, Gaby Vieille, un ami de l'association m'apperçoit et m'accompagne quelques mètres en me souhaitant bonne chance. Dans la journée, je marche d'un bon pas, mais ne sentant pas la soif, je ne pense pas à boire. Vers 16h, deux kilomètres avant l'abbaye d'Acey, une violente douleur à la hanche gauche me prend et je termine les 33km de trajet difficilement. Bien que l'hôtellerie soit fermée à cette époque, les moines m'accueillent gentiment et m'hébergent à l'hôtellerie des familles. Ils sont à mes petits soins. La douleur étant si violente, j'ai le moral à zéro, j'appelle Clothilde pour lui dire que je serai peut-être obligé de lui demander de venir me chercher afin de me faire soigner. Comme la communication passe mal, nous sommes coupés. Elle appelle mon Ostéopathe qui lui donne quelques conseils et Clo m'envoie un gentil sms pour me les transmettre et m'encourager. Je bois beaucoup au cours de la soirée, mais je passe une nuit épouvantable, ayant du mal à trouver une position. Je m'endors finalement et au matin, cela va mieux. Je repars doucement et je pense à boire très souvent. Il fait froid, c'est gris, il neige à petits grêlons. Je traverse la campagne désertique dans le froid et la neige pour arriver à Lamarche/Saône (28Km) où je trouve une chambre d'hôtes bien accueillante. L'hôtesse me lave gentiment mon linge que je reparts le lendemain dans de bonnes conditions. Je soigne mes pieds car depuis Acey, j'ai quatre ampoules à chaque pied. Je n'ai pas souffert de ma hanche, mais la nuit, je la sens.
Il neige pendant la nuit et je pars donc dans la neige. Je traverse une forêt blanche, calme, silencieuse. Seul le crissement de mes pas dans la neige et le tac tac de mes bâtons rompent cette sérénité. La neige devient plus dense et humide. Dans la matinée, dans les bois, sous la neige j'appelle le notaire de mon père car je souhaite le voir au passage à Dijon. comme il ne sera pas disponible, nous traitons par téléphone, sous la neige...., mais nous prenons rendez-vous pour 18h à Talant. Vers 16h, j'arrive à Chevigny st Sauveur (25km) où j'avise un bureau de poste. Je me soulage de deux kilos de matériel que je renvoie à la maison: déodorant, dentifrice, crème de rasage, et divers autres bricoles pas lourdes mais qui au final font leur poids. En sortant j'avise un arrêt de bus et vois que la ligne va à Talant. Afin d'être au rendez-vous après avoir fait quelques courses, je prends le bus. La traversée de Dijon ne présente pas d'intérêts. Ma soeur Hélène m'y rejoint avec son mari, ils sont à Dijon pour le week end. Je passe une soirée sympathique avec mes deux nièces qui occupent la maison de mon père. Dans la soirée j'ai quelques nouvelles de mon entreprise, c'est la catastrophe! Ils sont au chômage technique et ils parlent de dépôt de bilan! Je penserai à eux souvent durant ce pélérinage car ils en auront bien besoin.
Après une nuit difficile, je reprends la route en direction d'Uncey. Le temps alternera entre la chute de neige et le soleil. Je longe le canal jusqu'à Pont de Pany, puis attaque la montée sur Sombernon sous une tempête de neige. La redescente sur Uncey est un peu longue mais il ne neige plus. J'arrive de nuit vers 19h après 42km. Ouf! Ma hanche ne me fait pas souffrir, mes pieds, couçi couçà! Chaque nuit, c'est la même chose, le début est pénible et les douleurs se calment vers 1h du matin. Comme Hélène et Jean-Marie ont prévu de passer, je les attends le lendemain matin. Je ne me mets en route que vers 11h. Comme j'ai perdu un peu de temps, Antoine me dépose près de St Thibaut. Cela m'évite la traversée de la montagne. Je fais quand même 21km jusqu'à Aisy sur Thil. Je m'arrête dans une chambre d'hôtes dont l'hôte est très sympathique mais très bavard... Je revois mon itinéraire sur Vézelay car cela va être la traversée du Morvan.
Départ huit heures pour attaquer la traversée des forêts morvandelles sous la neige et le silence. Les montagnes noires sont silencieuses et désertes. Quelques écureuils gambadent de temps en temps. Seul le crissement de mes pas et le tac tac de mes bâtons rompent cette quiétude. Ce désert humain est paré d'une beauté sauvage. La neige cache tout et couvre le sol d'un beau linceul immaculé. Cette beauté étreint l'âme et incite à la méditation. Il neige un peu, mais cela ne me gêne pas, mes vêtements me protègent bien. Ma hanche va bien, mon pied gauche aussi, par contre le droit me chagrine de plus en plus. Une plaque de glace me fait faire un salto non contrôlé et je tombe sur le côté droit. J'en ai le souffle coupé.
J'arrive enfin à l'abbaye de La Pierre qui Vire (27km). Les moines m'y accueillent gentiment et me donnent une chambre chaude et confortable. A 17h30, je retrouve avec plaisir la chapelle que j'ai connu en 1973 au cours d'une retraite de discernement. Le monastère a bien changé depuis, mais il y règne toujours ce calme, cette paix, cette sérénité, ce silence... Les psaumes bien cadencés et chantés par les moines apaisent et incitent à faire silence en soi.
Quand je soigne mes pieds, je constate que mon pied droit me fait mal parce qu'une ampoule s'est infectée. Je décide donc de rester 24h ici. Un temps de retraite fera du bien.
Quand je marche, mes pensées naviguent. Je prie, je médite les intentions que je porte, les miennes et celles que l'on m'a confiées. Ces temps de prières me rappellent les moments que nous avons passé ensemble au chevet de mon père et cela me rapproche de chacun et de lui en particulier. Mais mon pied me chagrine et occupe un peu trop mon esprit. Je surveille mon cap grâce à mon GPS que j'apprécie, car cela n'est pas évident de savoir où l'on est surtout au milieu de ces forêts noires et sauvages.
Je passe donc une journée de calme à l'abbaye, participe aux offices et bénéficie de la messe quotidienne. Le reste du temps, je me repose dans ma chambre en lisant un livre sur Ste Thérèse de Lisieux que j'ai emprunté à la bibliothèque.
La cicatrisation de mon pied se fait rapidement et le lendemain, je repars vers Vézelay. Cette nuit, la pluie est tombée et le vent a bien soufflé. Une bonne partie de la neige a fondu. Après avoir suivi pendant un temps le torrent de Trinquelin, je reprends les petites routes sinueuses du Morvan. Aujourd'hui, le temps est à la pluie et au vent. Mon pied va bien et j'arrive vers 16h à la basilique où les frères m'accueillent (36km). Je redescends à l'entrée du village vers le gîte. Au passage, je fais quelques courses pour le soir et le pique-nique du lendemain et je vais à l'office du tourisme demander les hébergements vers Nevers. A 18h je remonte à la basilique pour les vêpres et la messe. A 19h30, je redescends manger, soigner mes pieds, laver mes affaires et dormir.
Après une nuit à peu près correcte, je reprends la route en direction de Nevers. je m'affranchis du tracé St Jacques car j'ai vu qu'il faisait beaucoup de détours. Je trace donc au plus court, selon mon itinéraire. Je traverse des campagnes désertiques. Le temps est relativement beau et j'ai vite chaud. Je marche donc en polo. Vers 17h30, j'arrive à l'hébergement après Corbigny (34km). C'est un couple qui pratique l'accueil pélerin. Ce sont des gens charmants, très accueillants et d'une gentillesse qui touche profondément. Tout en ayant une profession dans le service des eaux, il est diacre et sa femme est responsable diocésaine du cathéchisme. Leur accueil est une véritable leçon d'accueil chrétien. Je passe un moment très chaleureux avec eux que je ne suis pas prêt d'oublier.
La nuit est bonne et réparatrice même si comme chaque nuit ma hanche me taquine ainsi que mes côtes. Je reprends la route vers Premery. Le matin, il pleut à verse et mon pantalon est trempé, mais cela ne traverse pas. Avec mon poncho, je me sens protégé. Le temps s'améliore dans l'après-midi et je peux de nouveau marcher en polo malgré le froid. A Premery (33km), je suis accueilli au restaurant des 4 saisons par un couple très gentil qui m'ouvre leur accueil pélerin et leur restaurant alors que c'est normalement fermé le soir. Je peux donc dormir au chaud et prendre une bonne douche comme chaque soir. Le repas du soir est même un vrai régal.
La nuit fut moyenne car j'ai dormi sur un convertible au confort relatif. Aujourd'hui samedi, j'offre ma journée pour l'une de mes intentions. Cette journée est pénible. Il pleut toute la matinée, ce n'est que dans l'après-midi que le temps se lève un peu. Mes pieds et mon dos me font mal. En arrivant à Nevers (30km), je passe à l'office du tourisme. Il n'y a ni cybercafé ni informatique sur Nevers pour mettre à jour mes cartes dans mon GPS. C'est le trou! Je trouve un hébergement confortable à St Gildard, le couvent où repose Ste Bernadette. Je passe un moment prier près d'elle puis je file en ville faire quelques courses. A 18h je peux suivre une belle messe en ville, très priante. Après un bon dîner à St Gildard, je passe une bonne nuit, mais mes jambes sont lourdes.
Dimanche, je rejoins St Pierre le Moutiers par une belle journée. je peux marcher en polo. Le ciel est couvert, le temps froid mais c'est supportable. J'offre cette journée à une personne paticulière. Dans la matinée, j'ai un appel me demandant de prier pour cette même personne, le "hasard" fait bien les choses. J'arrive à destination vers 16h30 avec deux ampoules au pied droit, toujours le même (33km). Une chambre d'hôte me permet de me reposer.
N'ayant pas trouvé d'hébergement pour le lendemain, je trace jusqu'à Souvigny (39km) où il y a un monastère. Le temps est correcte, comme la veille, mais un peu plus froid. Je marche quand même en polo. Au monastère il n'y a plus de place et ils sont en EJP, il n'y a donc pas de douche. Ils m'envoient à la maison du pélerin en face. Je n'y trouve personne. Après plusieurs appels téléphoniques, je m'installe quand même dans ce qui doit être l'accueil pélerin mais qui est pour l'instant un débarras car il y a des travaux. Je trouve un lit et une douche chaude dans une pièce froide (4°c). J'en profite quand même et j'apprécie mon duvet bien chaud. Je me couche après un petit repas simple envoyé rapidement. Le responsable de la maison passe me voir vers 21h mais n'a rien d'autre à me proposer.
Après une nuit correcte malgré le peu de confort, je rejoins St Pourçain (31km) à travers une campagne désertique et des routes toutes droites et interminables. Le temps est plus froid que la veille mais je peux encore marcher en polo. Je trouve un hébergement dans un petit hôtel, simple, pas cher mais correcte. Je peux laver un peu de linge et passer une nuit correcte. Je trouve quelques commerces qui me permettent de faire quelques emplettes pour essayer de résoudre mon problème de pied droit. Comme j'ai trop de mal à trouver des hébergements, j'envisage de basculer sur Roanne par car et train. J'appelle mon amie Martine de Montbrison, où je dois passer, elle m'indique le monastère de St Jodard.
De bonne heure, je rejoins la gare de St Pourcain où un taxi (au prix du bus) vient me cueillir pour m'emmener en gare de Vichy. Le TER me permet ensuite de rejoindre Roanne. Quand je sors de la gare, il fait très froid (-8°C), tout est blanc. La sortie de Roanne est un peu longue, puis la route est tranquille, mais çà grimpe. a midi, je m'arrête dans un café pour manger mes sandwichs. Il fait trop froid pour les manger dehors comme les jours précédents. Après 32km, j'arrive à St Jodard, le monastère des frères de St Jean qui m'accueillent très chaleureusement. Je peux même bénéficier d'une messe privée le soir avant d'aller dormir. Le repas se passe en silence avec les moines. Là je passe une première bonne nuit de repos.
Bien reposé, j'attaque une longue journée vers Montbrison. Le vent, la neige, le froid (-8°C) m'obligent à m'emmitoufler. je n'ai pas froid, mais il ne faut pas que je m'arrête. Je m'arrête dans un café à Pommiers pour manger mon casse-croûte de midi, un bon café chaud me redonne coeur au ventre pour repartir l'après-midi. A 16h20, au bout de 35km, j'appelle Martine qui vient me chercher. Il me reste environ 4km à faire, mais j'ai de nouveau mal au pied et j'en ai marre. Quand je quitte mes gants pour faire le point sur mon GPS, il ne faut pas que je m'arrête trop longtemps.
Aujourd'hui 12 février, repos chez Martine. Elle m'emmène à St Etienne pour voir un ostéopathe car mon dos me fait mal depuis ma chute sur la glace. J'en profite pour acheter des semelles sorbotane pour remplacer celles de mes chaussures.
Je crois que je vais rester me reposer un jour ou deux et revoir mon itinéraire car la météo n'est vraiment pas favorable. Comme Martine a fait déjà trois fois Compostelle (6000km) elle me sera de bon conseil.